Focus, Focus Sagas

Focus Saga : Da Vinci Code de Ron Howard (2006)

Da Vinci Code, adaptation réussie du roman de Dan Brown ? Dix ans après sa sortie, retour sur le film de Ron Howard.

Affiche du film Da Vinci Code réalisé par Ron Howard (2006)
Affiche du film Da Vinci Code réalisé par Ron Howard (2006)

Une nuit, Robert Langdon, spécialiste de l’étude des symboles, est appelé d’urgence au Louvre : le conservateur du musée a été assassiné mais avant de mourir il a laissé de mystérieux symboles. Avec l’aide de la cryptologue Sophie Neveu, Langdon va mener l’enquête et découvrir des signes dissimulés dans les œuvres de Léonard De Vinci. Les indices convergent vers une organisation religieuse aussi mystérieuse que puissante, prête à tout pour protéger un secret capable de détruire le dogme religieux.

Réalisé trois ans après la sortie du livre du même nom écrit par Dan Brown, l’accueil de Da Vinci Code a été plus que mitigé. Le film a d’ailleurs énormément déçu les critiques lors de sa projection au 59ème Festival de Cannes, lui reprochant en particulier une mise en scène sans âme, d’être une adaptation ratée. Paradoxalement, si le film a énormément divisé, il n’en a pas moins été un succès d’un point de vue du nombre d’entrées en salle. Le choix de Ron Howard pour réaliser ce film a été considéré comme peu judicieux, ce dernier n’ayant pas pour habitude de laisser sa trace ou un quelconque élément qui lui soit propre sur les œuvres qu’il signe. Mais si au contraire, ce réalisateur n’avait pas été le parti pris idéal pour un film au sujet si délicat, issu d’une œuvre originale dont le succès a été planétaire ? En adaptant Da Vinci Code au cinéma, Howard a fait le choix de rester fidèle au livre, de retranscrire de façon la plus exacte possible une intrigue terriblement complexe. Ainsi le réalisateur ne prend pas de risque, restant au plus près des faits qui ont été couchés noir sur blanc par Dan Brown. De fait le film renvoie un manque de relief, mais l’intrigue elle n’en est pas moins prenante.

En effet, l’histoire en reste captivante avec ses intrigues et ses rebondissements multiples, d’une part par le sujet plus que tabou qui y est abordé mais aussi par la manière dont le rythme a été traité. Avec Da Vinci Code, le spectateur n’a pas le temps de souffler, de reprendre ses esprits. Ni même le temps de réfléchir aux énigmes. Tout s’enchaîne de manière précipitée, traduisant la difficulté de Howard : adapter en deux heures et demie une œuvre terriblement complexe, tout en gardant la cohérence de cette dernière. Ce qui semblait être un déroulement fluide dans le roman devient un enchaînement précipité d’événements dans le film et la moindre pause dans le récit, le moindre ralentissement dans le rythme effréné que Howard a imposé, crée un ennui subit, une coupure violente balayant tout intérêt de la part du spectateur. La révélation du guide en est le parfait exemple : surprenant, inattendu, le retournement dramatique est remarquable et pourtant, au sein du support filmique ça en est presque de trop. Le déroulement du film est si soutenu que finalement la seule attente spectatorielle qui en ressort est la connaissance du dénouement.

Photo extraite du film Da Vinci Code réalisé par Ron Howard (2006)
Extrait du film Da Vinci Code réalisé par Ron Howard (2006)

Si d’un point de vue rythmique le film est épuisant, il n’en est pas moins maîtrisé sur le plan esthétique. Howard nous montre du grand classicisme. Rien d’original certes, mais ses choix sont proprement réalisés, nous présentant quelques beaux plans tels que ceux réalisés sur les peintures. Il parvient de surcroît à mettre en valeur ses acteurs et à approfondir via sa caméra ses personnages. Audrey Tautou crève l’écran, formant aux côtés de Tom Hanks un duo efficace, complémentaire sur fond de blessures du passé rappelées de manière redondante. Ces flash-back répétitifs viennent ternir l’objectif de Ron Howard, autrement dit captiver les spectateurs pour ces personnages, dont les faiblesses semblent réduites à un fait précis du passé.

Finalement, Da Vinci Code n’est pas un chef-d’œuvre cinématographique à part entière mais on ne peut pas non plus le qualifier de mauvais film. Ron Howard s’est efforcé de réaliser un film le plus fidèle possible au roman sans prendre de risques esthétiques. L’idée n’était pas si mauvaise que cela, ont prétendu la critique et les puristes de l’œuvre de Brown, mais c’était au détriment d’un rythme effréné et étouffant.