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Critique : Gangster Squad de Ruben Fleischer

Avec un casting impressionnant et un scénario tiré d’un histoire vraie, plutôt accrocheuse se déroulant dans Los Angeles très glamour d’après guerre, Gangster Squad avait tout pour plaire. Oui, mais…

 

Affiche du film Gangster Squad, de Ruben Fleisher
Affiche du film Gangster Squad, de Ruben Fleisher

 

Alors que Mickey Cohen, parrain de la mafia de Los Angeles s’apprête à faire main basse sur l’ensemble des revenus des paris de l’Ouest de Chicago, un groupe de policier va tenter de mettre fin à son règne. Mandaté officieusement par le chef de la police, les sergents John O’Mara, Jerry Wooters et leur improbable brigade vont s’attaquer aux casinos, aux livraisons de drogues et aux bordels de l’impitoyable gangster. Les policiers n’étant pas officiellement en service, tout les coups sont permis mais Mickey Cohen contrôle les hommes politique de Los Angeles et la tache parait donc impossible…

 

 

La violence à la limite du gore peut être justifiée dans certains cas, comme lorsqu’elle est un parti pris esthétique. Dans Gangster Squad elle est juste excessive et sans intérêt, elle prédomine au détriment de l’histoire. Quand on sait qu’une scène de fusillade dans un cinéma a été supprimé suite à la tragédie d’Aurora, on se dit qu’on a échappé à 5 minutes de plus de trash vide de sens. N’est pas Tarantino qui veut et Ruben Fleischer (Bienvenue à Zombieland…) fait ici un beau cadeau à tout ceux qui déplorent une certaine glorification de la violence au cinéma. Et le plus déplorable c’est que ce choix vient manifestement d’un manque d’idées neuves pour enrichir le scénario ou la mise en scène, et ça se voit.

 

Extrait du film Gangster Squad (2013)
Extrait du film Gangster Squad (2013)

 

Le réalisateur semble hésiter en permanence entre le drame policier et l’humour décalé et le mélange des deux ne fonctionne pas. On n’est jamais vraiment touché par les personnages que Ruben Fleischer tente de nous rendre sympathiques à grand renforts de beaux sentiments. On sourit quelques fois, mais on ne rit jamais vraiment de bon coeur aux classiques petites répliques post-bagarres. Certaines scènes frôlent même la parodie, en incohérence totale avec les passages dramatiques qui les ont précédées. Reprendre tout les clichés du film de gangster et les pousser à leur paroxysme aurait pu être une bonne idée, si le scénario avait été assez solide, ce qui n’est pas le cas.

 

Extrait du film Gangster Squad (2013)
Extrait du film Gangster Squad (2013)

 

Le casting 5 étoiles sauve un peu les meubles à commencer par Sean Penn (The Tree of Life, Mystic Rivers, La ligne rouge…) qui joue toujours aussi bien le dépravé dément. On sent que l’acteur s’amuse dans ce rôle, sans en faire trop, ni trop peu, il grimace jusqu’à ressembler à une véritable gargouille. L’équipe de policier dirigée par Josh Brolin (True Grit, W. : L’Improbable président…) est très convaincante, chaque membre jouant à fond le cliché qu’il représente. Mais c’est véritablement Ryan Gosling (Drive, N’oublie jamais…) qui tire son épingle du jeu en beau gosse un peu à l’ouest, mi flic-mi gangster. Enfin, Emma Stone (The Amazing Spider Man, Bienvenue à Zombieland…) complète ce cast de luxe comme petite amie de Cohen et de Wooters. Elle est une très belle version réelle de la provocante Jessica Rabbit (Qui veut la peau de Roger Rabbit ? ) et le peu qu’elle a à faire est, comme chaque fois, très bien fait.

 

Malgré un très bon casting et une ambiance rétro, très à la mode à Holywood, Gangster Squad se noie dans un trop plein de violence. L’histoire manque d’écriture, ménage peu de suspense et ne met pas assez en valeur les personnages. On oscille entre les passages qui se veulent profonds avec voix off et beaux discours et les scènes aux dialogues décalés qui semblent sortir de nulle part. C’est finalement un peu dommage d’avoir réuni un si beau casting pour un résultat plutôt décevant.