Interviews

Benoit Magimel : « Les César, des choix politiques »

Cinephilia a eu la chance d’interviewer Benoit Magimel au Brussels Film Festival. Celui-ci était là pour assurer la promotion de Pour Une Femme de Diane Kurys, réalisatrice avec qui il avait déjà tourné. Voici donc l’interview que nous avons eue, qui a eu lieu en toute décontraction.

C’est la deuxième fois que vous tournez avec Diane Kurys, vous aviez fait Les Enfants Du Siècle. De bonnes retrouvailles ?

 

Nickel. Nickel. C’est toujours mieux de travailler avec des gens qu’on connaît et puis j’ai l’impression de la retrouver comme hier. C’est la même. Toujours aussi passionnée, aussi vive. C’est quelqu’un qui travaille vite et qui est toujours en quête de sincérité. C’est ce que j’aime chez elle. Elle cherche toujours… D’ailleurs dans le film je trouve que tous ces acteurs sont vraiment… Il y a une justesse. On est entrés dans une époque, c’est une belle unité. Elle ne se trompe jamais avec les acteurs. Je trouve que c’est quelqu’un d’assez rare en fait. »

Qu’est-ce qui vous a poussé à accepter le film ?

 

Le personnage. Le personnage de Michel que j’ai trouvé plein de vie. Voilà, une force de vie incroyable et en même temps une tendresse, une fragilité. Un homme amoureux, un homme qui est capable de tout pour sa femme, qui est dans son époque, qui pense que plus tu la gâtes plus elle sera heureuse. Puis il a une tendresse pour elle incroyable et il est fou amoureux. Il est prêt à la laisser partir pour qu’elle soit heureuse aussi. C’est un acte, je trouve, qui est assez exceptionnel. Aimer c’est quoi aujourd’hui ? C’est compliqué mais moi c’est ce qui m’a plu chez lui. Une générosité et en même temps, c’est un gabarit quoi. J’aimais bien ce mec. J’ai vraiment bien aimé le jouer. Il est tourné vers la vie. C’est des types qui sortent du cauchemar et qui sont tournés vers la vie. [son téléphone sonne] Excuse-moi.

Vous pouvez répondre.

 

Tu veux que je réponde. Mais t’es fou ?! Jamais.

Extrait de Pour Une Femme de Diane Kurys (2013).

Extrait de Pour Une Femme de Diane Kurys (2013).

Ca change quoi de jouer ce personnage sachant que c’est un film autobiographique, vous jouez le père de la réalisatrice. Ca change quelque chose dans l’approche ?

 

Non non. On me demande toujours si c’est compliqué mais je ne trouve pas que ce soit compliqué au contraire. C’est un plus. Vous avez quelqu’un qui va vous nourrir au quotidien, qui va se rappeler des détails. C’est avec ces détails qu’on se nourrit. Quoiqu’il arrive il faut tirer les choses vers soi aussi. Rentrer dans la peau d’un personnage ça ne veut rien dire, c’est l’inverse. C’est lui qui rentre dans votre peau. C’est avec ça que vous allez jouer. Donc vous pouvez jouer des gens qui ont existé, s’inspirer d’eux, aller au plus près d’eux, mais à un moment donné il faut aussi trouver une liberté là-dedans. Je me souviens d’une fois où elle avait des trucs très précis, elle avait une réplique avec tonalité, elle ne vous dirige jamais au son. [il allume une cigarette] Je vous dérange peut-être ?

« Diane Kurys ne se trompe jamais avec les acteurs »

Non, du tout.

 

Et je lui dis à un moment donné simplement, moi ça ne me parle pas la façon de le dire. Faut aussi se faire confiance. Je me souviens d’une scène, c’était compliqué au début. Plus j’amassais d’informations, plus je me sentais prisonnier de quelque chose. A un moment donné il faut envoyer tout ça chier et puis tu tires vers toi et tout ce que t’as amassé comme détails, c’est là, c’est présent. Et faut faire confiance aussi à l’inconscient, à tout ce qui te nourri. Faut vivre avec. Donc c’est un plus. Je me souviens, elle avait des répliques qui lui revenaient à l’oreille, des mots qui racontent beaucoup sur un personnage. On prend ce qu’il y a à prendre. Et c’est toujours mieux d’avoir quelqu’un qui parle de ce qu’il connaît. Je trouve qu’elle n’est jamais aussi bien que quand elle raconte des histoires de familles.

Vous n’avez jamais été gêné de jouer le père alors que c’est la fille qui vous dirige ?

 

Non pas du tout. Je sais que c’était surtout bouleversant pour elle. Mais bon, elle dit que je ressemble à son père. Moi je ne trouve pas. Il avait un physique d’Al Capone. Et puis il y avait cette gentillesse et cette douceur pour sa femme. C’est très touchant. Mais quand on travaille, ça ne m’atteint pas. J’essaie d’être juste par rapport à cette histoire. Et puis ce sont des histoires de familles, ça parle à tout le monde. Vous pouvez vous identifier vraiment facilement. On voit nos parents vieux et puis quand ils disparaissent on se rend compte qu’on n’a pas grand chose. Des parents divorcés, on se demande si ils ont été heureux un jour. Vous voyez, c’est intéressant d’aller un petit peu vers son histoire et d’aller chercher ça. Je trouve que c’est très émouvant… A la fin, le personnage de Testud qui joue Diane Kurys remonte ça… Et puis il y a toujours ces moments de rupture, drôles. On ne dramatise rien. Même sur le lit de mort, elle trouve un truc à dire. A l’enterrement… Voilà. Il y a des moments où vous respirez comme ça. Quand j’ai vu le film à Lyon avec un public… Pour un acteur voir son travail, de voir un film dans lequel il a joué c’est un peu étrange parce que voilà, vous connaissez les choses. Mais c’est vrai qu’on avait un public assez captivé. Et le film c’est ça, elle vous prend et elle vous emmène.

Comment vous êtez-vous replongé dans cette époque d’après-guerre ?

 

Il y a un langage, il y avait quelque chose de particulier. On ne parle pas à cette époque comme on parle aujourd’hui. J’ai toujours aimé le cinéma d’avant-garde d’après-guerre donc c’était quelque chose qui était évident, qui était présent. J’ai pas revu de film spécialement. J’ai fait un film sur les mineurs de fond, j’étais à Paris, je me suis dit, c’est la Lorraine, voilà, les mecs ne doivent pas parler comme nous. Et lui c’est un parisien, il a grandit à Paris. Donc il y avait forcément une note un peu plus… enfin, il y avait un accent particulier. Sans être Bruno Carette. C’est pas Arletty.

Extrait de L'Ennemi Intime de Florent Emilio-Siri (2006).

Extrait de L’Ennemi Intime de Florent Emilio-Siri (2006).

Jouer le personnage vieux, c’était un défi pour vous ?

 

C’est le genre de trucs que vous avez envie de faire. Quand vous êtes acteur vous l’avez déjà vu. Parfois c’est réussi, parfois non donc c’est très insécurisant, c’est physiquement très dur, c’est troublant aussi à un moment donné parce que vous vivez avec un visage qui n’est plus le vôtre, vous ne vous regardez plus. Au bout de certains jours vous êtes tellement fatigué, vous passez de la chambre d’hôtel… J’avais une heure de sommeil par nuit. Le temps de démaquillage, le temps de tournage, de ceci, de là. Le temps de maquillage qui était de 8 heures, 4 heures de démaquillage, 2 heures sur le plateau, 2 heures à l’hôtel, vous rentrez vous avez encore de la colle… Vous le faite une fois et après on arrête. Voilà, je l’ai fait une fois, je ne le referai plus.

C’est assez réussi, le maquillage est assez bien fait.

 

Le maquillage est très bien fait. Après voilà, je disais toujours : ne me filme pas de trop près, attention. Parce que j’avais rajouté les mains aussi parce que je trouvais que les mains souvent, sont aussi laissées à l’abandon. C’est la voix. Il y a des gens qui ne vieillissent pas avec leur voix. Regardez Claude Rich. Il y a des acteurs, ils gardent leur voix toute leur vie. Donc est-ce que c’est crédible ? C’est compliqué, on s’interroge. Il y a des gens qui sont très vifs vieux. Est-ce que ça marche ? Parfois la fiction n’est pas forcément en phase avec la réalité, on n’y croit pas trop. C’est comme les voyous aujourd’hui qui font un braquage à 20 ans, à 17 ans, on a toujours une image d’un certain type, c’est toujours très sérieux, très virils. Alors que dans la réalité les mecs se marrent, ils sont comme toi et moi. Donc voilà, éviter les clichés, éviter de s’inspirer. Moi j’ai regardé les vieux, j’avais des exemples complètement différents. On est plein d’incertitudes, c’est extrêmement délicat à interpréter.

C’est vrai que le seul truc qui m’a un peu dérangé c’est la voix. Mais ça doit pas être évident du tout.

 

Non mais il y a une réplique qui n’a pas été retravaillée, à mon regret, qui est un peu plus jeune. Elle en a gardé très peu et elle a eu raison je crois. Je crois que c’est le démarrage. Il y a toujours un truc au démarrage, il faut accepter la figure. Et encore un fois, c’est ce que je te dis sur la voix. Retrouver la voix de Michel en 40/47 ou timbrer un peu plus. Mais celle-là ils ne me l’ont pas fait doubler tu vois? C’est bien de retravailler. Moi j’ai retravaillé, j’avais dit Florent Emilio-Siri quand je faisais Cloclo je disais bon, il a un accent particulier Lederman. Trouver ça, une aisance avec c’est bien. La synchronisation, faut pas considérer ça comme un handicap. C’est extrêmement intéressant de retravailler les choses. Je l’avais dit pendant le tournage, si il y a l’accent qui se perd un peu ou qui est trop forcé, on va tout resserrer au doublage. Vous uniformisez le truc et vous vous rendez compte qu’il faut travailler le détail un peu plus.

Comment s’est passée la relation avec Mélanie Thierry et Nicolas Duvauchelle. Eux avaient déjà joué ensemble. Vous les connaissiez bien ?

 

Non non. Mélanie je ne la connaissais pas. Nicolas on s’était croisés, on avait, je pense, du respect l’un pour l’autre. C’est un peu mon petit frère quoi. J’aime bien ce qu’il est, il est entier. C’est un type droit. Jouer des émotions avec un homme qu’on apprécie c’est plus facile. Les choses sortent plus facilement. Il y a une authenticité chez lui que j’aime bien.

Extrait de Pour Une Femme de Diane Kurys (2013).

Extrait de Pour Une Femme de Diane Kurys (2013).

Vous pensez que les films historiques de manière générale doit être porteur de messages, ont une importance pour la mémoire ?

 

Non parce que… Déjà ça parle de l’après-guerre. C’est pas un sujet qui a tellement été traité en fait. On parle souvent de la Seconde Guerre Mondiale mais ce qui se passe après, on n’a pas trop vu. C’était une période extrêmement dure. Il n’y avait rien mais il y avait de l’envie, une force de vie. Parce que quand vous avez connu le cauchemar, l’occupation, la déportation… Tout le monde a vécu des drames terribles. Ce qui est fort c’est ça. Il y a une joie de vivre, une envie d’aller vers l’avenir, de reconstruire. Quand tu touches le fond, tu remontes.

En 2001 vous aviez eu votre prix d’interprétation à Cannes et vous aviez seulement 13 ans de carrière. Ca fait quoi d’avoir un prix si jeune ?

 

Ouais c’est assez jeune. Je ne l’ai pas pris comme une fin en soi. On sait que c’est long. La route d’un acteur est longue et c’est un encouragement pour le reste. C’est toujours délicat, quand vous faites de grands films, de continuer à trouver de grands films, des grands rôles. La façon de travailler d’Haneke est vraiment intéressante, on était dans les plans-séquences, c’était vraiment agréable. Voilà, j’ai pris ça avec un peu de distance parce que c’est toujours un peu impressionnant mais c’est un bel encouragement. Peut-être que je le prendrais différemment aujourd’hui mais, à l’époque… Je me souviens, Milla Jovovich qui était là et me disait : t’as pas l’air heureux, parce que je sautais pas en l’air. Mais non, c’est une belle récompense mais c’est un peu abstrait. On est très heureux. Ca fait du bien mais on sait qu’il ne faut pas s’arrêter là-dessus, la vie continue. On voit des gens qui prennent des prix qu’on ne voit plus après. C’est pas un gage pour continuer. Un acteur est toujours tourné vers l’avenir. C’était un bel encouragement et quand je regarde le prix chez moi je suis content, ça me fait plaisir.

Justement, on a parlé de Pour Une Femme, vous venez de parler de La Pianiste. Après ça vous avez fait Le Roi DanseLes Chevaliers Du CielCloclo. C’est assez différent tout ça. C’est à cause des personnages ou c’est pas souci de diversification afin de ne pas lasser dans un style particulier ?

 

En fait non. C’est que j’ai compris vite qu’on vous prenait pour ce que vous saviez déjà faire. A l’époque des Voleurs, de Téchiné, j’avais reçu que des rôles de malfrats. Et moi j’avais envie de jouer des aristocrates, des bourgeois, jouer un peu de tout et ne pas être enfermé dans un registre. J’avais peur de ça. Souvent il y a une identité forte. Donc j’aimais bien faire le grand écart. Et surtout j’aime bien des styles différents. En France on a le style d’auteur mais j’aime le cinéma large aussi. Et puis il y a des films qu’on fait pour l’aventure aussi. Les Chevaliers Du Ciel, c’est un univers tellement particulier. Quand je fais Forces Spéciales je vais voir les commandos marines, je vais m’entraîner à Lorient, on part au Tadjikistan et finalement ce sont les films dont on se souvient le plus. Alors après on aime ou on aime pas mais ça touche de publics différents. Les Chevaliers Du Ciel, ça fait kiffer les mômes, ça fait kiffer les familles. C’est des films où d’un coup on en prend plein les mirettes et voilà. Je m’emmerderais à ne faire que des films comme La Pianiste à un moment donné. Faut évoluer. Et puis le cinéma a changé. A un moment donné faut savoir être dans une époque. On était dans un cinéma tout auteur et puis à un moment donné on passe, on commence à arriver dans les années 2000. C’est à peu près ce que j’ai fait avec Dahan, ce que j’aime avec Dahan, avec Siri. Ces gens qui aiment le cinéma américain des années 70, le cinéma français d’avant et après-guerre, les Verneuil,… Il y a plein de choses comme ça. Et c’est vrai que les années 80 ça a balayé tout ça. Le film, il y a des approches physiques, des rôles silencieux. C’est intéressant de faire des films sur le langage. Les films d’époques c’est intéressant parce que vous avez des déguisements, le rapport à l’enfance. On a envie d’aller vers un cinéma qui nous a fait rêvé. J’aimerais bien faire un western. Faut trouver une idée qui reste dans la culture mais on fait des westerns modernes, c’est toujours inspiré de westerns. Nid Des Guêpes, c’était super à faire. Parce que tout d’un coup on est un gamin et on va kiffer de faire un film d’action. Je devais faire Taxi tu vois…

Le personnage de Samy Nacéri ?

 

Ouais ouais. Puis il y avait le premier film de Florent [Emilio-Siri NDLR], il y a Taghmaoui [Said] qui était parti du casting, c’était un petit budget et je m’étais lié d’amitié avec Siri mais sinon je l’aurais fait ce film parce que c’était un truc qui débarquait,  qui était nouveau. Tu as juste envie de conduire une bagnole et voilà. C’est intéressant aussi, ce sont des approches… Tous les cinémas ont le droit d’exister. Maintenant je me dis, je ne sais pas si j’ai envie de faire autant de grands écarts. Finalement à un moment donné on a aussi envie de faire des choses qui te parlent, qui te ressemblent même si ce sont des univers différents. Faut trouver des personnages qui évoquent, qui ont des résonnances personnelles. C’est pour ça que Michel j’ai eu vraiment beaucoup de plaisir à le faire parce que je me suis reconnu, j’ai trouvé un grand-père, j’ai trouvé des gens que j’ai rencontrés et que j’aimais bien, une race d’hommes qui n’existent plus. Ca me parle. Ca faisait longtemps que j’avais pas eu autant de plaisir. Et puis je pense qu’entre 30 et 40, c’est plus délicat. T’es plus un jeune homme, t’es pas encore un bonhomme. Donc les rôles qu’on te proposent finalement sont un peu à cheval entre 2 trucs et tu sais pas. C’est un peu comme 50, 60, 70 ans. On ne sait pas. Tu vois les acteurs qui vieillissent et à un moment donné on ne sait plus. C’est des grands-pères, des pères. Ils ne veulent pas lâcher le morceau en plus. Gabin, à un moment donné, il est revenu en 56 quoi, avec Becker. Il avait les cheveux blonds. Il finit avant-guerre il fait, Renoir, La Grande Illusion, puis on le retrouve comme ça. Avec les bajoues comme il le dit, il a évolué, il a changé. Quand t’es entre les 2, c’est un moment délicat. Donc je pense qu’un acteur il mûrit bien mais faut attendre. Tu fais avec ce que t’es physiquement. C’était vraiment intéressant. J’ai vraiment apprécié Lederman [dans Cloclo], ce genre de travail. Tu t’épanouis à l’intérieur de ce genre de rôles aussi.

Extrait de Les Chevaliers Du Ciel de Gérard Pirès (2005).

Extrait de Les Chevaliers Du Ciel de Gérard Pirès (2005).

C’est une déception que Cloclo n’ait pas été plus primé aux César ? Vous auriez pu l’avoir, Rénier était pressenti pendant longtemps jusqu’à Amour et Trintignant mérite amplement son prix…

 

Ouais mais c’est trop jeune encore. Quand t’as Trintignant dans la sélection forcément.

C’est sur mais le film était réussi à plein de niveaux et c’est pas un peu décevant de voir que la moisson de prix est…

Ecoute, c’est la France. C’est un peu souvent le cas. Parfois c’est des choix politiques, des choix dans l’ère du temps. Bouajila [Sami] quand il fait Omar M’a Tuer fait un travail exceptionnel. Peut-être que Omar Sy, il sort d’un succès… Peut-être que c’était mieux Espoirs. Je ne sais pas. Quand ils filent le prix à Indigènes aux 5 acteurs il y a quelque chose qui est dérangeant aussi. Mais ça ne veut rien dire. Il y a des acteurs extraordinaires qui n’ont jamais eu un prix. Jeune c’est difficile aussi. Ils ont du mal un petit peu. Aux Etats-Unis, Di Caprio. Il fait un travail exceptionnel et il n’a rien reçu. T’as des oublis comme ça. Lonsdale [Michael], il l’a eu un moment donné. T’as les mecs on se dit : il va peut-être mourir, on va lui donner un truc. C’est souvent des trucs comme ça. Claude Rich était dans la sélection aussi et ils ne lui ont rien donné. C’est bizarre. On n’est jamais complètement d’accord de toute façon, avec ces résultats. Ca fait partie du jeu. T’es sélectionné, c’est déjà bien. Tu vas célébrer le cinéma, la vie continue. »

Vous avez envie de refaire du doublage après votre expérience de Ken dans Toy Story 3 ?

 

Ouais. Pourquoi pas ? C’est intéressant. Créer une voix, un personnage, c’est intéressant. C’est un exercice de style.

Maintenant, c’est quoi vos projets ? J’ai vu que vous aviez un film de prévu.

 

Tu sais maintenant, la production est tellement incertaine. Les films se repoussent. On voit des metteurs en scène de talent avec de beaux castings qui ne se font pas. Beaucoup de productions. Une production peut-être trop forte. On a des projets mais on ne peut plus en parler parce qu’on a des incertitudes. Voilà. Moi j’ai plusieurs projets, je ne sais pas lequel je vais faire en premier. L’année dernière j’en ai 2 qui ont été repoussés. Bon. A un moment donné il ne faut plus se formaliser. Il faut vivre avec cette époque et puis laisser les choses aller. Je crois que les choses sont écrites. Tu fais les films que tu devrais faire.

Et vous avez un projet particulier, une envie ?

 

Non. J’ai envie de retravailler avec des gens avec qui j’ai bien aimé travailler aussi. Puis après faut se laisser aller. Il y a des rôles qui te choisissent. Je crois que c’est… Dans une carrière il y en a plusieurs. Ces qui viennent vers toi et d’autres que tu vas choisir. C’est intéressant quand ça te choisi parce qu’il n’y a jamais de hasard. Retravailler avec Siri, avec Dahan et avec d’autres pourquoi pas. Il y a d’autres réalisateurs aussi. Mais faut se laisser guider, faut pas trop gamberger. Faut croire en sa bonne étoile