BIFFF 2016, Festivals

BIFFF 2016 : Carnet de Bruxelles Jour 4

Jour J

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On le disait dans le carnet du troisième jour, la journée du samedi s’annonçait, sur papier, comme la meilleure ou, en tout cas, la plus alléchante du festival. Au programme, deux films espagnols, Rétribution et Spy Time, un film coréen, The Phone et un japonais, The Virgin Psychics.

On l’a dit et on le répète, l’Espagne n’a plus rien à prouver en matière de thrillers. Chaque année, plusieurs métrages ibériques sont en compétition et font forte impression. Rétribution n’échappe pas à la règle. Le film raconte l’histoire de Carlos, un banquier qui reçoit un appel suspect. Alors qu’il est en voiture en train de conduire ses enfants à l’école, un anonyme l’appelle sur un téléphone laissé dans la voiture spécialement pour cette occasion. L’homme au téléphone lui annonce qu’il est assis sur une bombe et que, s’il se lève, elle explosera. Le sort de Carlos et ses enfants est donc entre les mains de son chanteur. Le scénario d’Alberto Marini (réalisateur de Summer Camp, film dont nous vous parlerons demain), est extrêmement bien ficelé et efficace. Il n’y a pas de temps morts et on se passionne à chercher à comprendre ce qu’il se passe. Les pièces du puzzle s’assemblent judicieusement et la mise en scène de Dani de la Torre est impeccable. Les amateurs de cinéma espagnol seront d’autant plus ravi que la tête d’affiche est le génial Luis Tosar qu’on ne présente plus. Son interprétation est excellente, il porte vraiment le film sur ses épaules. Mention spéciale aux deux jeunes qui jouent ses enfants. Bref, une excellente surprise comme l’Espagne en réserve souvent.

L’enchainement s’est fait avec le second film castillan de la soirée : Spy Time. L’atout majeur pour vendre le film, c’est le nom de son réalisateur : Javier Ruiz Caldera. Ca ne vous dit rien ? Il avait pourtant emballé le BIFFF en 2013 pour son génial Ghost Graduation. Le film avait d’ailleurs remporté le prix du public. Spy Time est l’adaptation d’une bande dessinée espagnole des années 70 : Anacleto Agente Secreto. Comme chacun le sait, l’ambiance au BIFFF est légendaire. Javier Ruiz Caldera a d’ailleurs assisté à la séance dans la salle avec le public. Le lendemain (aujourd’hui NDLR), Caldera nous confiait ceci : « C’était spectaculaire. Le public est spécial. Il a crié et ri beaucoup. Je le savais que c’était comme ça, c’est pour ça que j’ai voulu le voir. Je me suis beaucoup amusé. » Si même les invités le disent. Il nous a confié ensuite être un fan de longue date de la bande dessinée alors, quand un producteur lui a demandé de l’adapter, il n’a pas hésité longtemps. Le film pourrait presque être considéré comme une suite puisque Anacleto est vieux, presque à la retraite. Le challenge était donc de transposer cette bande dessinée des années 70 en la remettant au gout du jour, tout en gardant ce qui a fait son succès. Caldera est un réalisateur aussi sympathique que son oui. Car oui, avec Spy Time, il frappe aussi fort qu’avec Ghost Graduation. On dit énormément, presque sans arrêt. Brillant.

The Phone nous vient tout droit de Corée du Sud. Tout comme Spy Time, il fait partie de la compétition internationale et, tout comme Spy Time, c’est un sérieux candidat à la récompense finale. Il s’agit d’un thriller fantastique qui joue sur plusieurs chronologies et, chaque événement qui se déroule à tel endroit à tel époque influe ceux d’un autre lieu et d’une autre époque et ce, instantanément. Cela parait confus dit comme cela mais, quand on est devant le film, c’est plus clair. Enfin, plus ou moins. Le résultat est vraiment bluffant, tant sur le fond que sur la forme. Si on veut pousser le bouchon, on dira qu’il y a quelques facilités scénaristiques et quelques incohérences mais, dans un film si ambitieux, c’est facilement pardonnable.

Enfin, la soirée s’est clôturée avec The Virgin Psychics de Sono Sion. Le film avait déjà été diffusé au PIFFF. Ici, on ne peut pas dire avoir été hyper emballés. C’est kitschissime, drôle, ça fonctionne … pendant 30 minutes. Passé ce délai, la sauce ne prend plus et le côté trop répétitif fini par lasser. C’est totalement WTF et ne plaira certainement pas à tout le monde. Difficile d’en dire beaucoup plus. C’est une oeuvre totalement à part, complètement barrée, difficilement identifiable. Il y a de bonnes choses mais, dommage que ça ne tienne pas sur la longueur.