BIFFF 2016, Festivals

BIFFF 2016 : Carnet de Bruxelles Jours 5 & 6

Les jours continuent et ne se ressemblent pas

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Comme le dimanche c’est le jour du seigneur, la journée fut relativement calme. Enfin, façon de parler. Seulement deux films au programme mais pas des moindres : Demon et le très attendu Summer Camp mais aussi une interview avec Javier Ruiz Caldera, le réalisateur de Spy Time. Vous pouvez retrouver quelques phrases qu’il a dites dans le carnet d’hier.

Demon est un film polonais qui traite des dibbouks. Ce sont les esprits malveillants qui viennent prendre possession des corps des morts dans la culture juive. Piotr et Zaneta vont se marier mais, le jour du mariage, Piotr devient bizarre et son comportement de plus en plus ingérable. Ce métrage de Marcin Wrona jouit d’une superbe photographie, de très bons décors et d’un excellent casting. L’élément fantastique est très peu présent et on peut regretter qu’il ne soit pas plus utilisé mais, le film joue clairement plus sur l’ambiance. Ca fonctionne très bien.

L’apothéose du jour était donc Summer Camp, un espèce de slasher fantastique diablement bien foutu. Avec l’ambiance du public, c’était carrément parfait. Le scénario use d’astuces efficaces qui parviennent à se faire oublier pour mieux revenir par la suite. Original est plein de bonnes idées, Summer Camp parvient à tenir en haleine et, surtout, à ne pas trop en faire. Le concept est tel qu’il ne peut pas durer indéfiniment et, Alberto Marini (qui est également le scénariste de Rétribution donc on vous parlait dans le carnet du Jour 3) sait s’arrêter quand il faut. On a passé un excellent moment mais, ce n’est pas certain que le film ferait le même effet si on voyait le film dans d’autres conditions.

Le lendemain, 4 films étaient au programme : Scherzo Diabolico d’Adrian Bogliano, The Lovers de Roland Joffé, Attack of the Lederhosenzombies et The Fostering.

Bogliano est un habitué du festival. Late Phases était projeté l’année dernière et Here Comes The Devil l’était en 2013. Malheureusement, Scherzo Diabolico est une véritable catastrophe. Autant le scénario regorge de trouvailles, autant elles sont terriblement mal exploitées. Comme si le soufflé retombait systématiquement avant même d’avoir atteint sa taille. La copie du film était exécrable, ce qui n’a pas aidé. Léger décalage de son, image plus que moyenne, on se demande si la production a regardé la copie avant de l’envoyer au festival. Même s’il y a de bonnes choses, Scherzo Diabolico est véritablement plus qu’une déception tant il y a des problèmes. La platitude et le manque de rythme achèvent définitivement le spectateur.

Le second film était celui de Roland Joffé, président du jury international du BIFFF 2013, The Lovers. Souvenez-vous, nous avions d’ailleurs rencontré le cinéaste pour une passionnante interview durant laquelle il nous avait déjà parlé de ce métrage qui s’intitulait alors Singularity. Discuter avec Joffé est extrêmement enrichissant et permet de voir la profondeur que le metteur en scène peut atteindre dans ses métrages. Malheureusement, ce n’est pas un film pour le BIFFF. Loin d’être mauvais, très bien réalisé et bien joué (oui, même Josh Harnett) le film a énormément d’ambition. Il dénote un peu trop avec le festival ce qui a rapidement lassé. Dommage.

Autre grand moment très attendu, la projection en première mondiale du film autrichien Attack of the Lederhosenzombies. Projeté à 22h30, horaire parfait pour ce genre de délire, le métrage, présenté par son équipe, avait beaucoup de promesses. Une histoire de zombies dans les montagnes autrichiennes, ça intrigue. L’histoire prend son temps pour s’installer puis arrive à son prétexte : dégommer du zombie. La mise en scène est bourrée de trouvailles et d’inventivité en ce qui concerne les façons de dézinguer les zombies. Comme l’histoire est plus prétexte à arriver à ces scènes là, c’est pas plus mal. C’est extrêmement jouissif, le public était d’ailleurs chauffé à bloc et n’a pas manqué de réagir vivement, pour le plus grandplaisir de tous. Pas sûr toutefois que le film rencontrerait le même succès dans d’autres conditions de projection.

Enfin, ce fut le tour du film brésilien The Fostering. Il s’agit d’une histoire de vaudou un peu bizarroïde avec une maison hantée par un esprit. Le film joue énormément sur l’ambiance et bénéficie d’une excellente mise en scène et photographie. L’atmosphère est pesante et très réussie mais le film décontenancé par le propos qui semble parfois confus et brouillon.