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Critique : 47 meters down de Johannes Roberts

47 mètres de profondeur, ça ne vole pas très haut mais ça nage profond

Lisa vient de se faire larguer. Pour la réconforter sa sœur, Kate, l’emmène en voyage au Mexique. Aventureuses, elles décident de plonger pour observer les requins blancs, protégées par une cage. Vous la sentez venir l’embrouille ? Le treuil casse et la cage tombe à 47 mètres de profondeur. Comment vont-elles faire pour s’en sortir ?

47 meters down est un brave film de requin qui, heureusement pour lui, ne se prend pas trop au sérieux. A cause d’une histoire de titre et de traduction française, le film a souvent été comparé avec Instinct de survie – The shallows de Jaume Collet-Serra mais à tort, car bien que les deux soient des films de requins, le registre n’est absolument pas le même. Si Jaume Collet-Serra tente quelque chose d’assez sérieux (qu’on aime ou pas, d’ailleurs, moi personnellement, j’ai apprécié) avec une possibilité d’empathie avec Blake Lively et une certaine crédibilité dans les actions des personnages, avec ou sans ailerons, au contraire, Johannes Roberts n’en a absolument rien à faire et le dit même dans le film. Déjà, les deux personnages principaux sont absolument insupportables, clichés – la pauvre fille coincée du cul qui s’est fait larguée et sa petite sœur complètement délurée. Du coup, on en a absolument rien à faire qu’elles survivent ou pas. Ensuite, les requins ne servent que de ressorts narratifs aux moments opportuns et n’ont absolument aucune consistance. Ce serait dommage pour un film qui se prendrait au sérieux, car le requin est tout de même sensé être l’élément principal du film, mais dans le cas de 47 meters down, ben, rien à battre en fait. Les actrices, Mandy Moore et Claire Holt, n’ont absolument rien de particulier sauf le fait d’être moulées dans des combinaisons de plongées. Elles font le job mais sont simplement énervantes (enfin le tout lié aux personnages qui le sont de toute façon, donc ce n’est absolument pas une remise en question de leur compétence d’actrice).

Les deux petits éléments que j’ai apprécié dans le film sont une photographie pas trop dégueulasse avec des plans tout de même bien fichus : l’un des premiers avec le cocktail rouge qui tombe dans la piscine et ceux avec les feux de détresses et les requins qui apparaissent. Bref, une jolie manière de jouer avec les couleurs, l’ombre et la lumière. Et second élément, le petit twist final qui m’a bien fait rire et qui explique les gros moments WTF de la fin du film. Je n’en dis pas plus, ce serait tellement dommage de spoiler un tel film. Mais il ajoute un certain second degré qui sied très bien à ce genre de film.

47 meters down est un mauvais film, oui, mais un mauvais film qui connait son niveau, en joue un peu et au final se laisse agréablement regarder.  Ajouté à cela quelques plans qui valent le coup et au final on se retrouve face à un divertissement sans prétention que vous pourrez voir en e-cinema à partir du 28 septembre, pour accompagner une soirée binouzes – pizza, l’hiver approchant.