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Critique : A Dangerous Method, de David Cronenberg

Tout le monde connaît le talentueux David Cronenberg, réalisateur de nombreux films tels que, Les promesses de l’ombre (2007), A  History of Violence (2005) et bien d’autres. Il est de retour avec un nouveau long-métrage, A Dangerous Method.

Sabina Spielrein, une jeune femme souffrant d’hystérie, est soignée par le psychanalyste Carl Jung. Elle devient bientôt sa maîtresse en même temps que sa patiente. Leur relation est révélée lorsque Sabina rentre en contact avec Sigmund Freud…

« Qu’est-ce qu’il est doux de mourir. »

Ce film n’est pas un sujet tout neuf dans la tête de Cronenberg, car le cinéaste en avait déjà évoqué ce projet il y a de cela 40 ans, alors qu’il était à l’université de Toronto. Mais au jour d’aujourd’hui, Cronenberg n’est plus un étudiant, et donc il est capable de s’entourer d’acteurs talentueux. Malgré un budget deux fois moins conséquent (15 000 000 dollars) que pour ses deux précédents films (A History of Violence et Les promesses de l’ombre).

Les thématiques transversales du cinéma de Cronenberg sont présentes dans ce film. Le sexe et ses pulsions, les corps possédés et tiraillés, la médecine et la psychanalyse à un second niveau. Ici il s’empare des fondements de la psychanalyse pour mettre en doute les théories freudiennes, et faire un peu de lumière sur un disciple, Jung. Même si le film peut paraître bavard, il n’en reste pas moins une démonstration, aussi physique qu’intellectuelle. Cronenberg a saisi toute la complexité de la psychanalyse et des sentiments amoureux, jetté le trouble dans les têtes des spectateurs, pour finir sur un constat finalement très simple.

Pour en revenir à la petite citation de départ, je trouve qu’elle résume le film. Au moment de cette scène Freud est allongé par terre et le Dr.Jung est au-dessus le lui. Ce qui prouve que Freud est donc impuissant sans  Jung et que tout compte fait les rôles risquent de s’inverser (Jung aurait la reconnaissance qu’il mérite vis-à-vis du travail qu’il fournit pour le Dr.Freud). Ce qui en vrai ne l’est pas, mais qui dans le film pourrait nous le faire croire. Mais cette citation va refléter leur mort.  Freud va mourir d’un cancer en 1939, Sabina Spielrein sera tuée avec ses filles dans une synagogue par les nazis en 1943, et Jung mourra en 1961 d’une belle mort (la vieillesse).

Un film centré sur Jung alors qu’on le pensait sur Freud. Un tour de force esthétique et intelligent. Une très bonne mise en scène, avec de très bons acteurs qui ont réussi a nous convaincre, sauf Keira Knightley qui est totalement passée à côté, et aussi une belle BO. Un film à l’image de Cronenberg et de son cinéma, qui s’offre une virée historique et nous permet d’en apprendre un peu plus sur le début de  la psychanalyse. Nécéssaire ?