A l'affiche, Cannes 2018, Critiques de films

Critique : Arctic de Joe Penna

Seul sur l’Arctique

En Arctique, la température peut descendre jusqu’à moins –70°C. Dans ce désert hostile, glacial et loin de tout, un homme lutte pour sa survie. Autour de lui, l’immensité blanche, et une carcasse d’avion dans laquelle il s’est réfugié, signe d’un accident déjà lointain. Avec le temps, l’homme a appris à combattre le froid et les tempêtes, à se méfier des ours polaires, à chasser pour se nourrir… Un événement inattendu va l’obliger à partir pour une longue et périlleuse expédition pour sa survie. Mais sur ces terres gelées, aucune erreur n’est permise…

Voici le premier film projeté hors-compétition de cette 71ème édition du Festival de Cannes. Il s’agit d’une séance de minuit glaciale avec Mads Mikkelsen en tête d’affiche. Le tout est réalisé par le nouveau venu Joe Penna qui fait donc ses débuts dans le long-métrage de fiction.

L’histoire est on ne peut plus simple puisqu’il est question d’un homme dont l’avion s’est crashé dans l’Arctique. Il lutte pour survivre dans les restes de son avion. Le premier point très positif du film, c’est qu’on est directement dans le bain. On ne voit pas cet homme quitter une grande ville dans son avion pour aller réaliser quelconque aventure ou expérience scientifique. On ne voit pas le crash. Non, on est vraiment directement dedans. Quand le film démarre, cela fait déjà plusieurs semaines voire mois que cet homme est coincé là-bas. On découvre sa routine, les techniques qu’il a mises au point pour pécher, pour actionner sa balise, pour se repérer, pour cartographier,… Il n’y a pas de temps laissé à une introduction aussi longue qu’inutile. En agissant de la sorte, Joe Penna montre directement et sans concession que le monde dans lequel survit l’homme est rude. Que rien ne sera facile. Quand le récit évolue suite à un événement inattendu, pour ne pas dire inespéré, la routine de l’homme va être mise à mal. Il va falloir prendre des décisions pour maximiser les chances de survie et, surtout, retrouver la civilisation.

On est clairement dans le survival classique. Mais efficace. Si Arctic ne s’impose pas comme une référence du genre, il est tout de même abouti, joliment réalisé et fait le job. Il divertit et immerge les spectateurs dans ces décors désolés. Joe Penna réalise un joli travail de mise en scène, soigne ses cadres, prend son temps.

Si l’histoire manque peut-être de quelques rebondissements, on peut paradoxalement souligner le fait que Penna n’essaie pas de trop en faire. Et, malgré ce manque, le film ne paraît pas trop long. Le rythme est soutenu sans être effréné et, malgré le paradoxe, cela ce suit plutôt bien.

La réussite du film tient énormément à la prestation de Mads Mikkelsen qui tient véritablement le film sur ses épaules. Il est de toutes les scènes, tous les plans. Il est pratiquement seul durant tout le film et son interprétation était donc primordiale. En tout cas, le résultat est là, on y croit. On peut tout de même souligner la prestation de Maria Thelma Smaradottir qui, bien qu’elle n’ait pas grand chose à défendre, fait forte impression. Tout passe par son visage.

Au final, Arctic est un survival agréable qui ne renouvelle pas le genre mais fait très bien ce qu’il veut faire. Joe Penna signe des débuts réussis et peut compter sur la présence d’un Mads Mikkelsen des grands jours. Simple, efficace, divertissant. On n’en demandait ni plus ni moins.