Critiques de films, Drame, Musique

Critique : Boychoir de François Girard

Les Choristes, version américaine.

Affiche de Boychoir de François Girard
Affiche de Boychoir de François Girard

Stet, garçon turbulent de 11 ans, est obligé de gérer seul sa mère alcoolique. Cette situation familiale compliquée l’éloigne des autres enfants de son âge et de l’école, rien ne l’intéresse. Mais Stet a un don, il chante. Sa voix cristalline attire l’attention de la directrice de l’école, qui organise une rencontre avec le chef de choeur de l’American Boychoir School. Le gamin, extrêmement réticent, s’enfuit avant même d’avoir commencé à chanter. Mais la mort tragique de sa mère ne lui laisse d’autre option que d’entrer dans la prestigieuse école. Rigueur, discipline et travail acharné, l’adaptation s’annonce difficile pour la forte tête qu’est Stet.

 

Rien qu’en lisant le pitch de Boychoir, on comprend tout de suite où on met les pieds. Un enfant à l’enfance perturbée possède un don pour le chant, qu’il va développer grâce à l’enseignement rigoureux d’une école de prestige. Son talent, jusque là inexploité, va lui permettre de s’épanouir et de dépasser ses vieux démons. Il affronte quelques obstacles (bizutage, père très riche mais indifférent, rien de bien méchant, rassurez-vous) puis tout est bien qui finit bien. On nage dans les bons sentiments, bercés par les voix magnifiques des enfants. C’est mignon tout plein, mais, évidemment, extrêmement classique et conventionnel. Rien ne dépasse, tout est maitrisé et parfaitement orchestré. Le gamin est adorable avec juste le petit côté rebelle qu’il faut, son père a le physique parfait du quadra bien de sa personne et le rival est un intello frustré aux lunettes rondes et cheveux blonds gominés. La structure du film est interchangeable, on remplace un élément par-ci par-là et on obtient Sister Act ou Les Choristes. N’empêche, il faut reconnaître qu’on se laisse facilement entrainer, malgré cet aspect lisse et calibré.

Le père indigne se débarrasse de son fils illégitime en l'envoyant à l'American Boychoir School.
Le père indigne se débarrasse de son fils illégitime en l’envoyant à l’American Boychoir School.

La bande-originale, superbe, permet de (re) découvrir des morceaux de musique classique, interprétés par les voix claires des enfants. Comme dans Les Choristes, on ne peut pas le nier, mais là encore, ça fonctionne. C’est d’ailleurs l’atout principal de Boychoir qui pêche par son côté trop simpliste. L’évolution de Stet est surprenante. En seulement quelques mois, le sale gosse se transforme en élève modèle, meilleur choriste que l’école ait jamais formé. Trop beau pour être vrai, malheureusement, mais attendrissant malgré tout. Si on oublie ce côté bisounours, formaté pour plaire au plus grand nombre, on peut se laisser emporter par quelques moments forts. Ça fait toujours plaisir!

Mignon et inoffensif, Boychoir retrace l’apprentissage d’un gamin difficile, doué pour le chant. Le scénario est d’une simplicité enfantine, trop beau pour être vrai. Mais les voix des petits choristes viennent pallier à cette absence de crédibilité.