Comédie, Critiques de films

Critique : CoExister de Fabrice Eboué

Vivre ensemble

Sous la pression de sa patronne, un producteur de musique à la dérive décide de monter un groupe constitué d’un rabbin, un curé et un imam afin de leur faire chanter le vivre-ensemble. Mais les religieux qu’il recrute sont loin d’être des saints…

Fabrice Eboué, avant d’être acteur, est avant tout humoriste, révélé par le Jamel Comedy Club. Depuis, il a joué dans des comédies généralement balourdes et sans grand fond d’intelligence. C’est de l’humour bas de gamme mais bon, tous les goûts sont dans la nature.

Avec Coexister, il s’attaque à la réalisation, tout en se donnant le premier rôle, et à un sujet ô combien important, celui du vivre ensemble. Il incarne un manager de label musical qui doit trouver l’idée du siècle afin de pouvoir garder le contrôle sur sa boite, rachetée par un grand groupe dont le changement de leadership pourrait lui causer des problèmes. En 6 mois, il doit trouver la perle rare, lui faire monter les échelles du succès qui doit se conclure par un concert à l’Olympia. Autant dire que la tâche n’est pas aisée. Et son idée, c’est de faire comme les prêtres qui avaient connus un gros succès il y a plusieurs années, monter un groupe d’hommes de foi des 3 grandes religions monothéistes, un prêtre, un rabbin et un imam.

Cela saute aux yeux, le message du film, au cas où vous ne l’auriez pas encore saisi, est le vivre ensemble. Aimons-nous les uns les autres, vivons en harmonie. Le souci c’est que, bien que tout cela soit louable, ça ne dépasse guère ce stade. L’idée, est de faire une comédie. Les religions, c’est toujours un bon prétexte. Pour cela, Eboué a fait en sorte que, dans le récit, soient placés des éléments hors-cadre qui seront des sources de rire. Le trio de chanteurs/prêtres n’est évidemment pas celui qu’il paraît être. L’imam n’est même pas imam, c’est juste un arabe qui chante bien, qui mange du porc et boit. Autant dire qu’il ne cadre pas exactement avec l’image de la profession. Le rabbin a un drôle de façon de circoncire, ce qui lui a valu des railleries. Seul le prêtre semble plus ou moins normal. Pendant un moment du moins.

Tout le monde en prend pour son grade, ce qui est le but et réussi. On rigole bien. Mais ça s’arrête là. Coexister, c’est finalement plus une succession de sketchs, plus ou moins réussis mais ça manque fameusement de liant et contenu. Trop naïf ? N’allant pas assez loin ? Pas assez subversif ? Sans doute un peu des trois. C’est dommage car il y avait certainement moyen d’aller un peu plus loin que ce simple discours, bienveillant et essentiel, certes, de vivre ensemble. Heureusement, les personnages ne sont pas trop mal, celui de Audrey Lamy en particulier. Cette dernière incarne Sabrina, l’assistante de Nicolas, qui tente le prêtre. Les comédiens, des habitués de comédies comme Fabrice Eboué, Ramzy Bédia, Jonathan Cohen ou encore Guillaume de Tonquédec, font le job comme attendu.

CoExister, c’est donc un message de vivre-ensemble essentiel mais, cela s’arrête là. Il reste l’humour et les nombreuses blagues, souvent clichées bien entendu, sur les différentes religions. Heureusement, celles-ci sont drôles mais, CoExister ressemble plus à un ensemble de sketchs qu’à un film abouti. On peut se contenter de ça ou espérer plus. Dans ce cas, la séance sera un peu longue.