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Critique : Comancheria (Hell or High Water) de David Mackenzie

Western moderne pour David Mackenzie

Affiche de Hell or High Water
Affiche de Hell or High Water

Deux frères, l’un ancien détenu, l’autre père de famille divorcé, organisent un braquage de banque. A leurs trousses, deux Texas Rangers déterminés à les faire tomber.

David Mackenzie, c’est le réalisateur de Toy Boy, Rock’N LovePerfect Sense et, surtout, le magnifique et poignant Des poings contre les murs. Ce dernier nous avait scotché à sa sortie alors, forcément, on attendait avec une grande impatience la sortie de son nouveau bébé. Présenté à Un Certain Regard, Hell or High Water, dont le titre international est Comancheria, a un casting qui, de prime abord pourrait ne pas être attirant mais…

Le métrage s’ouvre sur une scène nerveuse de braquage. La tension est palpable, tout ne semble pas rouler comme sur des roulettes. Au fur et à mesure que le récit progresse, on découvre que ces apprentis braqueurs dévalisent des banques afin d’atteindre un objectif bien précis. Evidemment, la police va tenter de les arrêter. Deux marshalls vont courir à leurs trousses afin de les arrêter. Un jeu de chat et souris va se mettre en place, jusqu’à l’issue fatale.

Extrait de Hell or High Water
Extrait de Hell or High Water

Classique ? Prévisible ? Oui. Le scénario, relativement prenant, ne surprendra personne. Mais qui dit classique ne veut pas dire mauvais ni même ennuyeux. Car, avec son rythme effréné et sa mise en scène ambitieuse et soignée, Comancheria se révèle être un excellent film. Il est question de fratrie, famille, amitié, pauvreté et humanité. Jusqu’où sont prêts à aller des personnes désespérées, flouées par la société ? Chaque thème abordé l’est de manière, si pas toujours en totale profondeur, relativement intéressante. Le métrage comprend également pas mal d’humour, surtout grâce aux deux marshalls. L’un d’eux est d’origine indienne et mexicaine, sujet qui fait l’objet de nombreuses réflexions de son partenaire.

Le métrage alterne intelligemment séquences dramatiques et séquences d’action. Et en matière d’action, David Mackenzie s’y connaît. Dans Des poings contre les murs, il avait déjà pu montrer son talent de metteur en scène. Inévitablement, il était attendu au tournant à ce niveau là et, sans surprise, les attentes sont comblées. On a dit plus haut que le rythme était effréné mais, quand cela est nécessaire, il peut aussi ralentir sans pour autant décontenancer le spectateur à cause de ce changement. Le travail effectué sur la photographie est super et, la musique est signée Nick Cave et son comparse de toujours Warren Ellis. Une fois encore, quand ils signent une bande originale, le résultat est excellent.

Extrait de Comancheria de David Mackenzie (2016)
Extrait de Comancheria de David Mackenzie (2016)

Qui l’eut cru ?  On va dire du bien de Chris Pine. Bien qu’il soit correct dans Star Trek, ce n’est pas vraiment l’acteur le plus intéressant de sa génération. Dans Comancheria, il montre une palette de jeu qu’il n’avait jamais révélée auparavant. Il surprend totalement et s’affirme en tant que comédien. A ses côtés, il retrouve son compagnon de The Finest Hours, Ben Foster. Il s’éloigne totalement de ce qu’il a pu faire dans The Program de Stephen Frears dans lequel il incarnait Lance Armstrong et retrouve plutôt un style de jeu et un personnage proche de ce qu’il a pu faire dans le passé, notamment dans The Mechanic. Last but not least, le « dude » Jeff Bridges. Il incarne un des deux marshalls à la poursuite des braqueurs. Il joue beaucoup sur l’humour, talent qu’on lui connaît depuis longtemps, et le fait évidemment très bien.

Comancheria est une nouvelle réussite de la part de David Mackenzie. Il ne fait nul doute qu’il est définitivement un réalisateur qui compte, au point qu’on se demande comment il nous régalera la prochaine fois. Sa mise en scène n’a pas de failles, il manie habillement l’humour et le drame et sait diriger ses comédiens, le prouve la prestation de Chris Pine qui n’a jamais été aussi bon.