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Critique : Creed 2 de Steven Caple Jr

Devenir une légende!

La vie est devenue un numéro d’équilibriste pour Adonis Creed. Entre ses obligations personnelles et son entraînement pour son prochain grand match, il est à la croisée des chemins. Et l’enjeu du combat est d’autant plus élevé que son rival est lié au passé de sa famille. Mais il peut compter sur la présence de Rocky Balboa à ses côtés : avec lui, il comprendra ce qui vaut la peine de se battre et découvrira qu’il n’y a rien de plus important que les valeurs familiales.

Trois ans après le succès critique et spectateur du premier volet spin-off/suite/remake de la saga Rocky centré sur le fils d’Apollo Creed, voici venir un second volet ô combien attendu mais aussi craint. En effet, si le premier film avait réussi à surprendre tout le monde grâce à sa générosité et son hommage à la saga Rocky, on pouvait se demander ce que cette suite pouvait réellement nous proposer. Surtout après le départ de Ryan Coogler de la réalisation.

Creed 2 se veut un condensé de toute la saga Rocky. On y retrouve tous les éléments des films précédents notamment de Rocky II, Rocky IV et Creed. Ainsi donc le film reprend le thème de l’héritage, fils conducteur du dernier opus, et s’ouvre sur l’empreinte qu’a laissé Rocky sur un de ces précédents adversaires.
Ici c’est Ivan Drago (Dolph Lundgren) qui revient sur le devant de la scène!

Bien évidemment, il ne s’agit pas dans une simple histoire de vengeance mais toujours d’héritage et le leg. La question de la parentalité et du rôle de père est ici au centre du film. Elle concerne tous les personnages. Rocky, Adonis et Drago père et fils doivent faire face à cette question d’héritage et de paternité.

Creed II s’autorise aussi une critique sur le milieu de la boxe au 21ème siècle. Un sport qui a beaucoup perdu en éclat au profit du MMA et où les talents et les héros sont aujourd’hui méconnus contrairement à ces anciens champions. Au détour d’une réplique d’un organisateur de combat, Adonis perçoit qu’il n’est au final un champion parmi tant d’autres qui n’a pas écrit sa légende comme Rocky ou son père Apollo.

Michael B Jordan a ici l’occasion de donner à son personnage d’Adonis de prendre le devant de la scène tout en gagnant en profondeur. Il reprend le flambeau pour mieux exister sans ses mentors.

Beaucoup plus en retrait que dans le film précédent, Stallone permet, par un passage de flambeau, à Adonis d’exister pleinement tout en offrant une fin touchante à l’histoire de Rocky Balboa.

Steven Caple Jr remplace à la réalisation Ryan Coogler. Ce dernier l’ayant choisi pour lui succéder, on n’est pas surpris de rester dans le même esprit que le premier volet. On regrette un peu trop de facilité et une bande son moins efficace et qui met plus de temps à démarrer.

Creed II est une grande réussite. Si le schéma du film du boxe a été vu et revu mille fois et se retrouve mis en scène de même manière ici, le film embrasse la saga Rocky comme il se doit et prend par la même occasion son envol. Le passage de flambeau est là. La légende Rocky ferme sa page alors que celle d’Adonis Creed ne fait que commencer!

4.5/5