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Critique : Dans un recoin de ce monde de Sunao Katabuchi

La vie avant et après Hiroshima

La jeune Suzu quitte Hiroshima en 1944, à l’occasion de son mariage, pour vivre dans la famille de son mari à Kure, un port militaire. La guerre rend le quotidien de plus en plus difficile, malgré cela, la jeune femme cultive la joie et l’art de vivre. Mais en 1945, un bombardement va éprouver son courage.

Dans un recoin de ce monde, prix du jury du dernier festival d’Annecy, débarque enfin dans les salles. Bouleversant, l’adaptation du manga de Fumiyo Kouno est une oeuvre rare et importante, poétique et touchante qui va bien au delà du simple film sur les conséquences de la Seconde guerre mondiale sur le peuple japonais. Le réalisateur, Sanao Katabuchi, nous montre l’avant et l’après Hiroshima d’une manière éblouissante.

On y suit la petite Suzu, jeune villageoise japonaise. On la voit grandir et évoluer dans un monde en guerre. Entre vie quotidienne, tâche ménagère et bombardements, Suzu tente de se réfugier à travers l’art et ses dessins.

Le long-métrage de Sunao Katbuchi est dune tendresse rare. Difficile de pas s’attacher à cette jeune fille qu’est Suzu. On suit une grande partie de sa vie à travers les années. La guerre et ses conséquences n’ont jamais été aussi bien montrées qu’à travers ce film, d’une importance capitale. 

Parfois drôle, parfois tragique, Dans un recoin de ce monde englobe les différents thèmes de la vie. Du mariage au deuil, on passe du rire au larmes selon les différents moments. Mais une chose est certaine, l’émotion que dégage le film est bel et bien présente grâce notamment à une technique d’animation réussie qui nous accroche et nous bouleverse par sa simplicité.

Bien évidemment, le film possède des défauts, notamment sa longueur qui peut rebuter énormément et même perdre le spectateur. Il est parfois très difficile de s’y retrouver tant narrativement le film et les personnages sont compliqués à reconnaître.

Dans un recoin de ce monde est une merveille poétique sur la vie et le quotidien d’une jeune femme avant, pendant et après la seconde guerre mondiale et le passage d’Hiroshima au Japon. Bouleversant, le film est destiné à un public averti et avant tout fan de ce principe d’animation qui peut parfois rebuter le spectateur pas habitué à ce type de proposition cinématographique.