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Critique : Deadpool 2 de David Leitch

Rire ne suffit pas

L’insolent mercenaire de Marvel remet le masque !
Plus grand, plus-mieux, et occasionnellement les fesses à l’air, il devra affronter un Super-Soldat dressé pour tuer, repenser l’amitié, la famille, et ce que signifie l’héroïsme – tout en bottant cinquante nuances de culs, car comme chacun sait, pour faire le Bien, il faut parfois se salir les doigts.

Alors que nous vivons une époque d’orgie du film de super-héros, voici venir la suite la moins attendue du genre. Après son succès immérité en 2015, le personnage de Deadpool fait donc son retour sur nos écrans. Exit le réalisateur Tim Miller pour différends artistique et place à David Leitch, l’un des artisans de la saga John Wick. Un changement sans conséquences car le film n’est qu’une déclinaison de son prédécesseur, à la différence que cet épisode ne s’appuie sur aucune histoire crédible et ne sert qu’à la compilation de sketchs, à l’instar d’une one-man show

D’entrée de jeu, le film commence par des blagues méta. Même si cela fonctionne de temps à autres, les blagues les plus courtes sont les meilleurs et malheureusement Deadpool nous en sert jusqu’à l’indigestion. Dommageable tant le film réussit par moments des éclairs d’humour dès que celui-ci est concrètement utile à l’histoire. L’humour est ainsi une part importante de cette suite, mais à trop vouloir copier son modèle The Mask, il ne réussit à en être qu’un ersatz tant le personnage manque de finesse, d’importance et n’est pas cinématographiquement intéressant. De surcroît Ryan Reynolds n’est pas Jim Carrey et sa performance se retrouve limitée par le costume. Deadpool 2 est alors un film cartoon, drôle mais sans l’importance dont il se pare. 

La grosse attente de ce Deadpool résidait de toute évidence dans celui des personnages secondaires. Et notamment celle de Cable (incarné par Josh Brolin), son compère actuel dans les comics. Malheureusement le duo ne fonctionne pas une seule seconde à l’écran. Ce qui aurait du être un duo fort et iconique, se retrouve au final un moment raté du cinéma. Une rencontre qui ne prend jamais. Pourquoi ? La faute à l’absence totale d’histoire, de background et donc de scénario. Le film ne démarre qu’au bout d’une quarantaine de minute. Et Cable apparaît comme ça tel un Terminator. Puis de manière cartoonesque comme un méchant d’abord.

Il n’y a d’ailleurs pas réellement de bad guy dans Deadpool. Si la présence réussie d’un certain méchant du comics devrait ravir les fans, on sent que ce Deadpool manque d’enjeux et préfère se regarder le nombril en pensant que les nombreuses blagues suffiront à faire passer un bon moment aux spectateurs. Certes cela fonctionnera en majorité mais au final, c’est un peu de la poudre de perlimpinpin pour masquer son absence totale d’idée.

Cependant, le film possède un personnage génial. Celui de Domino. Interprété par la jeune Zazie Beetz, le personnage éblouit l’écran et efface la quasi totalité des autres. Un point fort tant ses séquences sont parmi les meilleures notamment lors d’une course poursuite. Badass, elle était exactement ce qu’on voulait voir et restera ce qu’on retiendra le plus du film.

Avec David Leitch à la réalisation, on aurait pu s’attendre à voir des scènes d’action dignes de ce nom. Malheureusement, ce ne sera jamais le cas. Deadpool aurait pu être une sorte de The Raid du genre mais ne le metteur en scène ne convainc jamais comme une impression qu’il ne croit pas en son film et qu’il ne fait que remplir un quota. 

Deadpool 2 est un film qui se saborde lui-même. Faussement cool et irrévérencieux, il ne fait que vendre de l’esbroufe aux spectateurs à travers un humour méta. Ersatz d’un The Mask, il ne s’agit ici que d’un film à sketch, sans enjeu important ni histoire.