Critiques de films, Romance

Critique : Dix hivers à Venise, de Valerio Mieli

Sur le principe du chapitrage par années, sur lequel fonctionne également le drame romantique Un Jour, Dix hivers à Venise propose une relation entre attirance et répulsion sur fond de lagunes embrumées. La romance à l’italienne, et un film pour le moins mineur.

 

Affiche du film Dix hivers à Venise, de Valerio Mieli
Affiche du film Dix hivers à Venise, de Valerio Mieli

 

 

 

Hiver 1999. Première rencontre entre Camilla et Silvestro dans un vaporetto qui traverse la lagune Vénitienne. Elle est réservée, il est effronté, mais l’alchimie opère. Il décide de la suivre dans les ruelles embrumées… Ainsi débute une aventure de dix ans, qui les mènera de Venise à Moscou, durant laquelle Camilla et Silvestro vont s’aimer sans parvenir à se le dire.
Entre hésitation et rendez-vous manqués, leurs chemins se scelleront-ils enfin ?

 

 

La période Saint-Valentin donne toujours lieu à son lot de pseudo-romances larmoyantes, en sacralisant la relation fusionnelle entre un homme et une femme. Le cliché rose parfait, pour un film organique et rassembleur. Dix hivers à Venise, premier long métrage de Valerio Mieli (ex-pensionnaire du Centre Expérimental de Cinématographie de Rome), est l’un d’eux. Sans grande prétention –on est loin de la romcom US-, Dix hivers à Venise fonctionne sur le chapitrage de son intrigue. Dix hivers différents, entre Venise et Moscou, vont servir leurs petits histoires et leurs éléments visant à construire un ensemble narratif autour des deux personnages que sont Camilla et Silvestro. Elle, Isabella Ragonese (Golden Door, La Nostra Vita), nous charme, même au travers de ses looks changeants, d’une année sur l’autre. Lui, peine plus et apparaît quasiment transparent. Au final, le duo ne captive pas vraiment, malgré une douce candeur qui pourrait toucher avec parcimonie. C’est irrégulier et ça sent le déjà-vu, puisque le dramatique Un Jour –adaptation du roman éponyme de David Nichols- fonctionne sur un principe identique. Et si ce dernier accuse un larmoyant plus évident, Dix hivers à Venise manque tout simplement de nous toucher et plongerait dans l’oubli aussi rapidement qu’il est venu. Et ce ne sont des références littéraires à Tchekov qui sauveront l’affaire.

 

L’avis : C’est aussi doux et joli qu’insipide, Dix hivers à Venise ressemble trop à Un Jour et ne propose rien  de plus original dans une Venise embrumée, pourtant théâtre parfait à l’étalage d’une romance kleenex.