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Critique : Downsizing d’Alexander Payne

La vie en petit

Pour lutter contre la surpopulation, des scientifiques mettent au point un processus permettant de réduire les humains à une taille d’environ 12 cm : le ‘downsizing’. Chacun réalise que réduire sa taille est surtout une bonne occasion d’augmenter de façon considérable son niveau de vie. Cette promesse d’un avenir meilleur décide Paul Safranek  et sa femme à abandonner le stress de leur quotidien à Omaha (Nebraska), pour se lancer dans une aventure qui changera leur vie pour toujours.

Alexander Payne est l’une des figures de proue du cinéma indépendant américain. Généralement, il réalise des films très ancrés dans l’esprit américain, en témoignent ses deux dernières œuvres, Nebraska et The Descendants. Ici, il s’internationalise un peu avec une thématique mondiale, celle de la surpopulation. C’est en tout cas le point de départ de Downsizing, présenté en septembre dernier à Venise. Il le retour d’Alexander Payne à un cinéma plus comique comme l’était Sideways. Si les intentions sont bonnes, le résultat laisse circonspect.

La surpopulation étant l’un des enjeux majeurs de ce siècle, les scientifiques se sont afférés à trouver des solutions. L’une d’entre elles est une avancée scientifique remarquable puisqu’il s’agit de réduire la taille des humains à une dizaines de centimètres, sans altérer leur corps de quelle que façon que ce soit. L’idée de départ est plutôt sympathique. Beaucoup de choses ont déjà été faites avec des humains à taille réduite mais, pas à cette ampleur là. Donc pourquoi pas ? La première partie du film montre bien quels sont les enjeux, qui sont également écologiques et financiers, brosse un joli portrait du couple de personnages principaux et aborde correctement les différentes problématiques liées à ce changement de vie. Tout cela est très réussi et inclut de bons moments de comédie. Mais, rapidement, on comprend que le concept est assez limité car, dans la seconde partie, Payne se perd dans des histoires inintéressantes qui vont dans bien trop de directions. A partir de ce moment là, il va perdre l’attention, et sans doute l’adhésion, des spectateurs, la faute à ces sous-intrigues en manque de consistance.

Dans cette seconde partie justement, une fois que le personnage de Paul, incarné par un Matt Damon peu inspiré, s’est bien installé dans sa nouvelle vie, l’histoire doit forcément trouver une nouvelle direction. La solution de facilité fut celle de l’histoire d’amour avec une personne d’un autre niveau social, le tout pour sensibiliser les spectateurs aux problématiques de l’environnement ou encore de la pauvreté. L’équilibre n’est malheureusement pas atteint. Ces soucis d’écritures sont également palpables au niveau des personnages, secondaires principalement. On retrouve Christoph Waltz dans une prestation horripilante, pile poil dans la veine de ce qu’il fait d’habitude. A croire qu’il ne sait faire que ça, ou presque. Heureusement qu’il y a Udo Kier à ses côtés mais ce dernier est malheureusement trop effacé. Reste la prestation de Hong Chau qui est assez sympathique et ce malgré le fait que son personnage de Ngoc Lan Tran comporte plusieurs problèmes, notamment au niveau de l’issue qu’elle prend.

Downsizing est le film qui souffre typiquement du syndrome de la bonne idée dont on ne sait que faire. Logiquement, la fin, toute la seconde moitié du film en réalité, souffre de cela et est très plate. Restent de bonnes idées, quelques bonnes vannes mais, c’est à peu près tout. Dommage qu’Alexander Payne se loupe à se point là car il vaut bien mieux que ça.