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Critique : Expendables 2, de Simon West

Ils ont fait un come-back détonant en 2010. Ils sont de retour 2 ans plus tard. L’équation reste la même : muscles, explosions, punchlines et grosses b…… Et des guests ! Pour quel résultat ? Laissez votre cerveau à l’entrée de la projo, il serait étonnant qu’il serve à quelque chose.

 

 

Affiche du film Expendables 2, de Simon West
Affiche du film Expendables 2, de Simon West

 

Après une opération où un des leurs est tué, les Expendables partent en quête de vengeance. Ils poursuivent Vilain, chef des « Sangs », prêt à tout pour se procurer 5 tonnes de Plutonium qui pourraient changer la face du monde.

 

Pour ce second épisode, Stallone passe la casquette du réal à Simon West. Ce dernier, père des Ailes de l’Enfer, de Tomb Raider ou encore du récent Le Flingueur (où il dirigeait déjà Jason Statham), n’est là que pour montrer le plus lisiblement possible cette dizaine de stars. Il est totalement éclipsé par ceux qu’il dirige. On cherche désespérément son nom sur l’affiche du film. En fin de compte, en dehors d’une scène de crash d’avion incompréhensible, le tout est filmé le plus simplement du monde. Ce qui correspond au genre. Pas de fioritures, allons à l’essentiel.

 

Stallone, Schwarzy, Lundgren et tous les autres. On ne peut pas dire que les gaillards étaient connus pour leur questionnement sur le pourquoi de l’humanité ou autre réflexion existentielle. Et c’est pour ça qu’ils étaient appréciés. Beaucoup d’entre eux se sont retrouvés dans le désert où se perdent les « Out », « Hasbeen » et autres « Old Fashioned ». Mais contrairement à certains, ils sont revenus. Et en forme ! Expendables a attiré, en France, près de 1 600 000 fans de films bourrins façon « eighties ». L’idée d’une suite était irrévocable. Mais Stallone voulait mieux. Encore plus fort, encore plus culte. On pourrait réadapter le dicton. « C’est avec les vieux cons que l’on fait les meilleurs films ». Ça a marché une fois, pourquoi pas deux ?

 

Extrait du film Expendables 2 (2012)
Extrait du film Expendables 2 (2012)

 

« Le traquer. Le trouver. Le tuer ». La règle des trois T de Sylvester « Rambo » Stallone résume à elle seule l’ensemble du film. Des premières retrouvailles des papys-cogneurs, le second épisode reprend, à la douille près, le même schéma : un élément déclencheur qui amène une baston en règle. Le scénario est prétexte à un abus de déflagrations, de membres coupés et de têtes explosées. Et, en toute sincérité, on aime ça. Parce qu’il faut l’avouer : quand ça n’explose pas, on s’ennuie ferme. Une séquence émotion ? Passez, rien à faire. Chaque temps mort dure, dure, dure… On ne peut bien évidemment reprocher à personne de poser de temps en temps le pied à terre, histoire d’exposer le léger linceul qui leur sert de fil conducteur. Serait-on devenu de gros bourrins, à quémander de l’action non-stop ? Montrez-nous du muscle saillant, du fusil à éléphants, du cri barbare. Un râlement de mourant, quel pied ! Mais jusque-là, rien de bien nouveau à l’éclat des détonations.

 

Pour pallier à ce clair manque d’innovation, on appelle les copains. Après des rôles insignifiants dans Expendables premier du nom, Bruce Willis et Arnold Schwarzenegger se retrouvent les armes en mains (à quoi d’autre sont-ils bons ?), à étriper joyeusement la bonne centaine de figurants mis à leurs dispositions. Dans le rôle du méchant Vilain (pas pu m’empêcher…), le belge distributeur de tatanes aux envolées lyriques qu’est Jean-Claude Van Damme. Bad guy au final peu intéressant, Jean Vilain n’est pas aussi déjanté qu’on l’aurait voulu. Mais ce n’est pas fini ! Le meilleur pour la fin, le dieu vivant, la légende immortelle à laquelle un site est dédié : Chuck Norris. Stallone lui doit la punchline la plus percutante et la plus drôle du film. Cependant, l’intérêt de son rôle, comme celui de JCVD, est réduit à son minimum. Malheureusement, Norris a confirmé himself qu’il ne serait pas de la partie pour un troisième opus.

 

Extrait du film Expendables 2 (2012)
Extrait du film Expendables 2 (2012)

 

Malgré la pauvreté d’approfondissement des nouveaux personnages, chacun d’entre eux est teinté de l’aura de son acteur. Les répliques faisant référence aux succès ou à la personnalité, des uns et des autres font sourire, voire rire. On peut donc saluer le léger effort qui aura été fait pour rendre le tout encore plus fun. Ce n’est malheureusement pas assez pour cacher le caractère insipide de l’ensemble scénarisé.

 

La force et le défaut de ce nouvel opus sont de continuer sur la même lancée que son prédécesseur. Sans aucune innovation marquante, le film joue à fond sur le capital sympathie des acteurs, mais principalement sur le genre qu’ils amènent. Il fait du bien de se vider la tête…et de trucider tout ce qui passe sous la main, même si d’autres le font pour nous, dans une réalité fictionnelle. En fait, ce long a, en gros, le même effet que ce petit coussin tout mou que l’on sert fort dans ces mains pour évacuer son stress. Vous voyez ?

 

L’avis : Entre pur délire décérébré et nanar au sommet, Expendables 2 comblera parfaitement les fans du genre ou se fera haïr. Plus drôle et plus burné que le précédent, il s’apprécie pour ce qu’il est, c’est-à-dire une grosse déconnade en souvenir du « bon vieux temps ». Et, sachez-le : Chuck Norris ne s’adapte pas au cinéma, c’est le cinéma qui s’adapte à Chuck Norris.