A l'affiche, Comédie, Critiques de films, Grid, Sorties Belgique, Sorties France

Critique : Gaston Lagaffe de Pierre-François Martin-Laval

La BD au cinéma, l’adaptation ratée de trop ?

 

M’enfin ! Gaston débarque en stage au Peticoin.
Avec ces inventions délirantes, il va changer le quotidien de ses collègues. 
Chat, mouette, vache, et gaffophone seront au rendez-vous des aventures de notre bricoleur de génie qui ne pense qu’à faire le bien autour de lui mais qui a le don d’énerver Prunelle son patron. 
Les gaffes à gogo de notre empêcheur de travailler en rond pourront-elles éviter que le redoutable Monsieur de Mesmaeker rachète le Peticoin ?

Et c’est reparti pour une nouvelle adaptation cinématographique d’une bande-dessinée culte. Après Spirou et Fantasio il y a quelques semaines, c’est au tour de Gaston Lagaffe, le héros mythique de Franquin, de subir ce passage sur grand écran. Et pour cela, Pierre-François Martin-Laval, déjà derrière l’adaptation des Profs, s’y atèle. Gaston réussit-il son passage sur le grand écran ?

Avec une campagne promo assez conséquente, PEF et UGC distribution espèrent réussir le même exploit que Les Profs avec l’adaptation de Gaston Lagaffe. Et si le succès en salle est possible tant Gaston fait partie des personnages mythiques, il faut avouer que son adaptation au cinéma est assez paresseuse et ressemble plus à une succession de sketchs visuels pas forcément efficaces sur la durée. 

La voiture, la démarche de Gaston, le chat, la Mouette, Mademoiselle Jeanne… Tous les éléments de la BD sont bel et bien présents dans cette adaptation. Malheureusement PEF ne fait que les effleurer doucement et ne s’en sert que pour des sketchs ou des running gags consensuels. Notamment en ce qui concerne la voiture de Gaston, qui n’est là que pour servir le personnage d’Arnaud Ducret. On enchaîne ainsi plusieurs gags moyennement drôles et répétitifs. Et c’est ainsi que le film est construit. Une succession de running gags avec les différents protagonistes.

La quasi intégralité du film se passe dans un hangar, ce qui donne peu lieu a des décors charmants, mais ne permet pas de développer une histoire digne d’intérêt. Si le film est assez inoffensif, il manque clairement d’ambition et ce malgré la bonne volonté de PEF et de ses acteurs. Le manque de budget se ressent et cette volonté de faire du profit sur le personnage de Franquin est assez triste.

Niveau casting, Theo Fernandez est une grosse erreur. En effet, Gaston ressemble plus à un ado attardé qu’à un jeune adulte démotivé et cela se ressent. De même pour les amis de Gaston. On retiendra Alison Wheeler et son charme communicatif qui aide le film à passer un peu mieux.

Gaston Lagaffe est un film inoffensif et réservé aux plus jeunes (en témoigne l’absence de la pipe de Prunelle). Très loin de la BD malgré les éléments, rien ne passe vraiment à l’écran niveau gag. Heureusement, le film ne dure que 82 minutes mais on peut clairement regretter cette absence d’ambition. Le temps des adaptations d’Alain Chabat nous manque déjà cruellement.