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Critique : Ghostland de Pascal Laugier

DollHouse

Suite au décès de sa tante, Pauline et ses deux filles héritent d’une maison. Mais dès la première nuit, des meurtriers pénètrent dans la demeure et Pauline doit se battre pour sauver ses filles. Un drame qui va traumatiser toute la famille mais surtout affecter différemment chacune des jeunes filles dont les personnalités vont diverger davantage à la suite de cette nuit cauchemardesque.
Tandis que Beth devient une auteur renommée spécialisée dans la littérature horrifique, Vera s’enlise dans une paranoïa destructrice. Seize ans plus tard, la famille est à nouveau réunie dans la maison que Vera et Pauline n’ont jamais quittée. Des événements étranges vont alors commencer à se produire…

Pascal Laugier est de retour après cinq ans d’absence et son moyen The Secret. Le réalisateur provocateur du cinéma de genre revient ici avec Ghostland, un film auréolé d’une réputation et précédé d’un bad buzz suite à la plainte de Taylor Hickson, l’une des actrices principales du film, défigurée lors d’une cascade pendant le tournage. En dehors de ses coulisses, Ghostland s’avère un simple film d’horreur ô combien surestimé.

Le film démarre on ne peut plus classiquement avec un banal home invasion lorsque une mère et ses deux enfants s’installent dans une vieille maison pleine de poupées et autres tableaux d’insecte. le décor est ainsi planté. Bienvenue dans une maison d’horreur. Evidemment très rapidement deux personnes s’incrustent dans la maison et font vivre une soirée cauchemardesque. Violence et jump scare, tout y est pour faire sentir le malaise aux spectateurs. Si cela s’avère efficace, le réalisateur décide de couper court à ce home invasion et de lancer son histoire dans le futur.

Fini les adolescentes et place aux versions adultes des personnages. Et très vite, on comprend que nous sommes face à un film à twist. Si Pascal Laugier tente de nous surprendre et de nous embrouiller, il décide de révéler trop vite les aboutissants de son scénario, laissant donc de coté le coté psychologique de l’oeuvre. S’ensuit alors un film d’horreur classique où deux personnages vont essayer d’échapper à leurs envahisseurs. Si l’ambiance est efficace, on finit par très vite comprendre où l’on va.

Ghostland est une oeuvre énervante. Encore plus lorsque son réalisateur décide d’utiliser le personnage de Lovecraft de façon méta. Ici, il assume les références des films cultes du genre tout en disant que ce qu’il fait est la même chose en mieux.  En faisant un film de petit malin, Pasca Laugier ne fait au final qu’une petite escroquerie.

Coté casting, on retrouve Mylène Farmer qui s’avère efficace dans un rôle totalement pour elle. De même pour les jeunes actrices et Crystal Reed. C’est bien joué et on arrive à y croire. La mise en scène est efficace même si Laugier abuse des effets de style sans véritable raison. On retiendra aussi l’utilisation des poupées de la maison comme un outil du genre efficace. Cependant, le troisième acte du film s’avère absolument ringard.

Au final, Ghostland n’est qu’un film d’horreur classique et un home invasion banal. Faussement choquant et souvent déjà vu ailleurs, il s’avère au final un film de petit malin souhaitant surprendre le spectateur qui se fera facilement avoir s’il n’a pas les bonnes références. Dans le genre, on préféra largement le Don’t Breathe de Fede Alvarez, ô combien plus surprenant, choquant et efficace.