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Critique : Imperium de Daniel Ragussis

Néo-nazi in disguise 

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Affiche d’Imperium (2016)

Imperium est un film inspiré d’une histoire vraie et plus particulièrement de la vie de l’agent du FBI, Michael German. Le film se passe après l’attentat extrême-droitiste d’Oklahoma City en 1995 qui fut le plus meurtrier aux Etats-Unis avant 9/11. Dans le film, Daniel Radcliff joue cet agent qui infiltre le milieu néo-nazi afin d’éviter un autre attentat. C’est le premier long-métrage de Daniel Ragussis, réalisateur américain de Washington ayant brillement réussi ses études de cinéma et qui commence ainsi, de manière assez flamboyante, sa carrière.

Un casting bien pensé

Le premier point réellement positif de ce film est le choix du casting. De manière général les acteurs choisis me semblent très pertinents pour incarner des agents du FBI car ni Daniel Radcliff, ni  Toni Collette qui joue Angela Zamparo son mentor, n’ont des physiques exceptionnels. Ils ne sont pas Brad Pitt et Angelina Jolie, en somme, ce qui est beaucoup plus crédible. Toni Collette propose ici une prestation tout en nervosité assez intéressante.  Le reste des rôles sont plutôt bien castés, avec de nombreux acteurs déjà vu dans différents films et séries.

Les choix esthétiques d’Imperium

La narration est en elle-même bien faite même si trop linéaire surtout vers la fin du film. Lors de la première partie du film, l’ambiguïté mentale du personnage est représentée par un parti pris esthétique intéressant : quelques insertions d’images rapides liées aux symboles liés à l’extrême droite. Cependant, ce choix a été délaissé vers la fin pour se concentrer plus amplement sur la narration. Le film est tout de même doté d’une belle image (Photographie de Bobby Bukowski) en général, avec quelques plans très marquants : le mariage avec des croix gammées en feu en fond, par exemple. Il y a de plus quelques travellings bien pensés avec des choix musicaux intéressants.

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Extrait d’Imperium (2016)

Les monstres ne sont pas ceux qu’on imagine

Le film tente d’instaurer un climat d’ambiguïté que ce soit par le personnage principal qui, par son statut d’infiltré, est amené parfois à agir comme un extrémiste. Mais aussi par le choix de montrer que les « monstres » ne sont pas ceux qui en ont plus l’air. Les plus effrayant dans ce film ne sont pas les skinheads qui ont une violence très primaires, mais plutôt cette petit famille très middle class, relativement éduqué et qui pourtant sont férocement extrémiste et ont inclus leur penchant dans leur vie quotidienne (les croix gammées sur les cupcakes, la cabane d’enfant pour se protéger des immigrés…).

Le film fut projeté au Festival de Deauville 2016, notre compte-rendu ICI

Le film, même s’il a quelques petits défauts ou facilités, parle d’un sujet qui est de plus en plus présent. La montée de l’extrémisme de droite et sa normalisation. C’est un sujet qui n’est pas à traiter légèrement et en parler ne peut pas faire de mal.