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Critique : In The Fade de Fatih Akin

Diane Kruger au top

La vie de Katja s’effondre lorsque son mari et son fils meurent dans un attentat à la bombe. Après le deuil et l’injustice, viendra le temps de la vengeance.

Tschick étant inédit chez nous, on n’avait plus vu Fatih Akin depuis 3 ans et The Cut. Il s’est attaché les services de sa compatriote Diane Kruger, qui n’avait plus tourné dans son pays natal depuis plusieurs années. Cette dernière incarne une mère de famille dont le mari et le fils vont mourir dans un attentat à la bombe. In The Fade raconte la suite, comment Katja va accuser le coup, l’enquête et le procès qui s’ensuit.

Le point de départ de ce film, ce sont des crimes raciaux commis par des néo-nazis envers de turcs ayant eu lieux en Allemagne. Ceux-ci ont inspiré Fatih Akin, forcément touché par le sujet étant lui-même fils d’immigrés turcs. La tendance à systématiquement, ou presque, accuser les personnes d’origines étrangères des crimes commis l’a poussé à donner un coup de projecteur sur la problématique inverse. Il articule son récit suivant plusieurs chapitres, le premier étant consacré à la présentation de la famille. Il y a la mère, une allemande, le père, un allemand d’origine turque et leur fils. La suite, c’est l’explosion et ses dramatiques conséquences.

La vie va devenir un enfer pour Katja. Face à tant d’injustices, elle va devoir prendre les choses en main. C’est dans cette partie là que l’histoire s’essouffle et ce malgré quelques jolies séquences, lors du procès notamment. Le scénario n’est pas très complexe et souffre des comparaisons. Il n’a rien d’original et a même déjà été utilisé de multiples fois. Cela tient presque plus du téléfilm ce qui est carrément surprenant de la part de Fatih Akin. L’histoire se suit facilement et avec un peu d’intérêt mais, sans plus. La faute aussi au metteur en scène.

La mise en scène justement est le gros point faible. Akin, qui nous avait habitué à plus de subtilité, utilise ici de gros sabots. Subtilité zéro. C’est bien trop démonstratif, certains choix posent question. Bref, c’est très surprenant. Cela jure à l’écran, à se demander ce qui est passé par la tête d’Akin.

Un élément se démarque tout de même fameusement. Il s’agit de la prestation de Diane Kruger. Rarement la comédienne allemande n’a été aussi bonne. Elle peut s’amuser avec une large palette de jeu et est tout simplement bluffante. Au point qu’elle est la grande favorite de la presse pour remporter le prix d’interprétation féminine (d’autant plus que la concurrence est relativement faible cette année). Les autres personnages sont tous secondaires mais, il y a aussi quelques solides performances.

C’est dommage de voir Fatih Akin se planter ainsi. Si l’histoire, trop classique et sans surprise, se suit assez bien, sa non originalité, agrémentée de la mise en scène balourde de Fatih Akin, fait d’In The Fade une grosse déception. Reste Diane Kruger, flamboyante.