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Critique : Jalouse de David et Stéphane Foenkinos

Moins de délicatesse

Nathalie Pêcheux, professeure de lettres divorcée, passe quasiment du jour au lendemain de mère attentionnée à jalouse maladive. Si sa première cible est sa ravissante fille de 18 ans, Mathilde, danseuse classique, son champ d’action s’étend bientôt à ses amis, ses collègues, voire son voisinage… Entre comédie grinçante et suspense psychologique, la bascule inattendue d’une femme.

David Foenkinos est connu pour ses romans. Il avait fait une première apparition au cinéma en adaptant son roman La Délicatesse. A ce moment-là, il avait déjà réalisé le film avec son frère. Cette fois-ci, les frangins n’adaptent plus un roman mais ont écrit une histoire originale.

Pour faire court, c’est l’histoire d’une mère jalouse de sa fille de 18 ans. Et d’à peu près tout le monde en fait et ce alors qu’elle n’avait jamais fait preuve d’une quelconque jalousie auparavant. Logiquement, sa relation avec sa fille, son ex-mari ainsi que sa nouvelle compagne, le copain de sa fille, la nouvelle venue au boulot et autres vont largement se détériorer. Ce qu’il faut à Nathalie, c’est de se remettre un peu en question et aborder la vie sous un autre angle.

Cette jalousie va apporter beaucoup de comédie. Que ce soit dans des répliques, des situations, des comportements, l’humour arrive via ce prisme. Et il y en a beaucoup. C’est léger, gentillet, certains diront même que cela fait téléfilm mais, ce qu’il faut retenir, c’est que tout cela fonctionne bien. La mécanique est bien huilée, les différents aspects de la vie de Nathalie s’enchainent et se complètent bien. Les frères Foekinos brossent un portrait relativement complet de cette femme ainsi que tout ce qui pourri dans sa vie.

Qui dit humour dit aussi drame, sérieux et sentiments. Car c’est ce dont est composé la vie après tout. Ces ingrédients sont habilement distillés dans le récit qui fait preuve d’un bel équilibre. La mise en scène ne sort pas du lot mais, l’écriture compense tout cela. Et, last but not least, il y a le casting. Karin Viard tient le rôle principal. Elle fait ce qu’elle fait souvent, tout en le faisant bien. Avec elle, on aime ou on n’aime pas. Nous, ça nous a plu. Ses comparses sont de renoms puisqu’on retrouve également Thibault « Dix pour cent » de Montalembert, l’expérimentée Anne Dorval, le jeune Corentin Fila qui avait été découvert dans Quand on a 17 ans, la toujours aussi excellente et pétillante Anaïs Demoustier, Marie-Julie Baup (vue plus tôt cette année dans Les grands esprits), tout en douceur mais, la révélation du film, c’est la jeune danseuse Dara Tombroff. Le personnage devant danser, c’est une professionnelle qui a été choisie. Dara Tombroff se révèle être une bonne actrice et apporte au film beaucoup d’énergie et de douceur. C’est certain, son nom est à retenir.

Jalouse est un subtil mélange de comédie et de drame qui fonctionne principalement grâce à son écriture soignée et affinée mais aussi grâce à son casting de luxe. Karin Viard excelle dans ce type de rôle mais, il faut avant tout retenir le nom de Dara Tombroff, qui incarne sa fille, car sa prestation est mémorable, si bien qu’on devrait la revoir sur grand écran très certainement.