Critiques de films, Western

Critique : Jane Got A Gun de Gavin O’Connor

Natalie Got A Gun…

Affiche de Jane Got a gun
Affiche de Jane Got a gun

Des tournages à problèmes, il y en a quand même quelques uns et, il est certain que Jane Got A Gun peut prétendre à entrer dans le cercle. Le casting a été remanié de nombreuses fois et, le premier jour de tournage, la réalisatrice Lynne Ramsey ne s’est pas pointée. Exit Ramsey, report de tournage et, bienvenue Gavin O’Connor. Sur ce film, Joel Edgerton qui, lors de toutes ces péripéties, est passé du rôle de méchant à celui de gentil, retrouvait ainsi son réalisateur de Warrior. Février 2016, le film sort enfin dans les salles, suite à un ultime report en novembre 2015 dû aux attentats de Paris.

Le postulat de départ est assez simple puisqu’il s’agit d’une histoire de vengeance. Bill Hammond (Noah Emmerich) revient à sa propriété en sang et criblé de balles. Jane (Natalie Portman), sa compagne, veut régler une bonne fois pour toute leurs problèmes et s’en va en guerre contre John Bishop (Ewan McGregor) et sa bande, ceux qui les pourchassent depuis tant d’année. Jane va chercher à avoir l’appui de son ami Dan Frost (Joel Edgerton), sans succès. Elle sera donc seule contre une bande entière de gangsters.

Les histoires simples ne sont pas forcément celles devant lesquelles on s’amuse le moins. Certes, Jane Got A Gun ne brille pas par son originalité mais, il remplit son cahier de charges et divertit. Le scénario se complexifie au fur et à mesure que les événements se déroulent mais reste simple dans son traitement et cela n’est sans doute pas plus mal. Le métrage met en avant une femme forte pendant une période pas forcément facile pour la gent féminine ce qui en fait un film féministe intelligent puisqu’il n’abuse pas et ne surfe pas sur cet aspect. Là où il déçoit légèrement, c’est dans l’utilisation des mécanismes de défense. Scène typique des films de vengeance, les gentils préparent toutes sortes de pièges et autres moyens de se défendre quand les méchants seront là. Ici, bien que l’un deux soit relativement ingénieux et fait son effet, c’est relativement pauvre en la matière. On aurait pu espérer un peu mieux.

Extrait de Jane Got a Gun
Extrait de Jane Got a Gun

Gavin O’Connor avait déjà montré avec Le Prix de la Loyauté et Warrior qu’il pouvait faire de belles choses. Il en fait également ici mais use un peu trop de gros voire très gros plans ce qui donne un gênant sentiment d’oppression. Cela est compensé par quelques fulgurances bienvenues et par une photographie paradoxalement froide plutôt bien trouvée. Les tons bruns épurés donnent à l’ensemble une ambiance particulière pas désagréable. Dans les bons points, il faut également compter sur le montage qui jongle habilement entre scènes dramatiques et scènes d’action mais aussi entre scènes du présent et flashbacks.

Natalie Portman avait clairement les épaules pour tenir un rôle de ce genre. Elle s’amuse dans ce premier rôle d’action et cela se voit. Elle peut ainsi compter un autre rôle de femme forte dans sa filmographie déjà chargée. C’est loin d’être sa meilleure prestation à l’écran mais, il ne faut pas son plaisir de la voir jouer des Colts. L’australien Joel Edgerton incarne de manière tout à fait correcte le rôle de Dan Frost tandis qu’Ewan McGregor, méconnaissable, nous régale dans celui du méchant, John Bishop. Parmi les seconds rôles, on peut noter les présences de Rodrigo Santoro, Boyd Holbrook ou bien encore Noah Emmerich qui livrent tous les trois une bonne performance.

Au final, Jane Got A Gun est un divertissement plus que correct, que ça soit au niveau du scénario, du casting ou de sa mise en scène mais qui ne casse pas trois pattes à un canard et ne restera pas durablement les mémoires. Un film facilement oubliable mais devant lequel on ne boude pas son plaisir.