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Critique : Jeune Femme de Léonor Serrraille

Caméra d’Or

Un chat sous le bras, des portes closes, rien dans les poches, voici Paula, de retour à Paris après une longue absence. Au fil des rencontres, la jeune femme est bien décidée à prendre un nouveau départ. Avec panache.

Après avoir remporté la Caméra d’Or en mai lors du dernier Festival de Cannes, Jeune Femme faisait l’ouverture du 32ème festival du film francophone de Namur. Le choix de ce film en ouverture n’était pas illogique. Cela aurait pu sembler bizarre, il s’agit d’un premier film après tout mais, la Caméra d’Or offre une visibilité et une aura que peu de prix offrent à des premières œuvres.

La jeune femme, c’est Paula, une française ayant vécu une dizaine d’années au Mexique de retour dans la capitale. Elle a rompu avec son compagnon d’alors mais y est toujours extrêmement attachée. Le film démarre avec Paula frappant à la porte de l’appartement de son ex. Elle finit par se cogner la tête à la porte et, le lendemain, se réveille chez le médecin. A partir de ce moment là, le film commence.

Paula va errer d’hôtels à des chambres de bonnes. Elle va chercher un boulot comme elle peut afin de s’en sortir. Sans le sous ni le soutien de sa famille avec qui elle a coupé les ponts, la situation de Paula n’est pas des plus enviables. Le film, c’est ça aussi, de l’errance. Petit à petit, Léonor Serraille brosse un portrait. Plus que de raconter une histoire, c’est ça qui l’intéresse véritablement, chose qu’elle confirmera en interview (que vous pouvez lire ici). Le personnage de Paula se prête bien à l’exercice. Elle est forte et fragile, un peu folle, directe, franche mais n’hésite pas à mentir ou ne pas dire la vérité en tout cas quand cela s’avère nécessaire.

La caméra de Serraille s’intéresse tout autant à l’environnement de Paula. Car si Paula est un sujet intéressant, l’environnement qui l’entoure, dans lequel elle évolue, l’est tout autant. Ils sont indissociables puisque le second influe sur la première en permanence. Les deux cohabitent et forment un tout qui semble fasciner Léonor Serraille. Tout cela est très travaillé, très écrit. On sent une finesse dans les dialogues et le déroulé des événements. Serraille est avant tout scénariste, talentueuse qui plus est, et cela saute aux yeux.

Pour incarner ses personnages, la réalisatrice a choisi des comédiens, pour la plupart, relativement inconnus. Paul, c’est Laetitia Dosch, comédienne qui irradie à l’écran. Elle porte tout le film. Sans sa performance, il est évident que le film n’aurait pas eu la même saveur. Les quelques seconds rôles à ses côtés, tenus par Erika Sainte ou encore Souleymane Seye Ndiaye et Léonie Simaga, ont une importance aussi importante dans le déroulé des événements mais, c’est vraiment Laetitia Dosch qui compte le plus.

Jeune Femme, c’est un film un beau portrait de femme au ton particulier, très finement écrit et réalisé par Léonor Serraille, qui a, logiquement, obtenu le prix de la Caméra d’Or à Cannes, prix récompensant le meilleur premier film.