Action, Critiques de films

Critique : John Wick 2 de Chad Stahelski

L’importance des assurances

John Wick est forcé de sortir de sa retraite volontaire par un de ses ex-associés qui cherche à prendre le contrôle d’une mystérieuse confrérie de tueurs internationaux. Parce qu’il est lié à cet homme par un serment, John se rend à Rome, où il va devoir affronter certains des tueurs les plus dangereux du monde.

Filmer une bonne scène d’action reste sans doute l’un des plus gros challenges du cinéma (comme faire sourire Kristen Stewart). Surtout quand on succède à un premier film déjà abouti mais pas inoubliable, qu’on s’insère au milieu d’une volonté évidente de créer une trilogie, et que le style réclame respect de la tradition et innovation. Cette belle introduction sert surtout à montrer notre amour pour les films d’action : ceux qui ne demandent pas de réfléchir mais plutôt d’apprécier un spectacle violent de manière confortable. Du pain et des jeux ? John Wick 2 arrive à surpasser ce simplisme.

Chad Stahelski, signataire du premier épisode de « Johnny contre le monde » (pas le vrai titre), et d’autres films musclés, profite d’une relance d’un scénario qui tiendrait sur un mouchoir : John voudrait enfin prendre sa retraite d’un métier difficile (meilleur tueur à gage du monde) mais un nouveau méchant vient casser sa maison. Justificatif expéditif pour une centaine de morts, des explosions, de la casse en voiture et beaucoup de violence qui pourrait s’arranger autour d’un verre. Fichue tournée minérale (désolé, référence belge), alors que le film lui-même semble en être conscient. La dérision enrobe d’ailleurs l’entièreté du long-métrage, le transformant justement en bon film d’action. Celui qui fait rire, celui qui impressionne parfois pour ses scènes d’action, et finalement celui qu’on aime pour ses références cachées. De Matrix à They Live, avec même des influences à The Warriors ou Shoot’em up… on aura vu pire comme catalogue.

Retenons plusieurs bons points comme un rythme maîtrisé, une bande-son léchée et une forte identité au niveau de l’ambiance. Car même si l’histoire de la vendetta commence à user, le cadre demeure sympathique avec le contexte d’une société d’assassins internationale codifiée. Techniquement, le travail sur les couleurs, la lumière ou la musique (des grosses basses qui rappelleront aux joueurs un certain Hotline Miami) intéressera également les plus méticuleux.

Regrettons ensuite certaines grosses incohérences, inhérentes au genre (les armes qui ne font aucun bruit, les passants qui ne réagissent pas aux coups de feu-morts-incendies-sang-fin du monde. Mais pardonnons la stupidité du grand méchant, sans qui l’histoire n’aurait même pas commencé… Keanu livre une interprétation correcte mais légèrement insipide et la majorité des autres comédiens verse dans une performance sur-jouée (sauf Ruby Rose mais notre jugement est altéré par son tatouage d’Archer).

Loin d’être parfait, John Wick 2 réussit son pari : ne pas laisser mourir une nouvelle licence. Le film arrive à mieux faire : augmenter le « lore » ou la profondeur de son univers, améliorer son équilibre et son action, pour finalement nous permettre la fameuse détente coupable face à de la violence gratuite. Tout le contraire donc d’un autre film sorti en salles, que nous n’oserons même pas citer mais qui surfe sur le même argumentaire pour mieux mentir aux dames.