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Critique : Jurassic World – Fallen Kingdom de Juan Antonio Bayona

Fallen Sequel

Cela fait maintenant trois ans que les dinosaures se sont échappés de leurs enclos et ont détruit le parc à thème et complexe de luxe Jurassic World. Isla Nublar a été abandonnée par les humains alors que les dinosaures survivants sont livrés à eux-mêmes dans la jungle. Lorsque le volcan inactif de l’île commence à rugir, Owen et Claire s’organisent pour sauver les dinosaures restants de l’extinction.  Owen se fait un devoir de retrouver Blue, son principal raptor qui a disparu dans la nature, alors que Claire, qui a maintenant un véritable respect pour ces créatures, s’en fait une mission. Arrivant sur l’île instable alors que la lave commence à pleuvoir, leur expédition découvre une conspiration qui pourrait ramener toute notre planète à un ordre périlleux jamais vu depuis la préhistoire

Après le désastreux premier opus de Colin Trevorrow, la résurrection de la saga Jurassic Park était très mal engagé. Si certains spectateurs ont réussi à trouver leur compte dans le désastreux divertissement, la majorité s’est retrouvée arnaqué par un film incapable de nous donner un blockbuster correct. C’est avec un certain pessimiste qu’on accueille, trois ans après, ce second opus de cette nouvelle trilogie Jurassic Park. Mais un petit espoir est présent avec la présence à la réalisation de Juan-Antonio Bayona. Le metteur en scène, très apprécié des cinéphiles, possède un talent certain et une patte assez reconnaissable. Et peut être aurons-nous le film d’horreur jurassique gothique tant attendu.

Malheureusement, ce petit espoir est très vite balayé. Déjà au vu des différentes bandes-annonces et de la promotion assez catastrophique d’Universal qui n’a pas trouvé mieux que de transformer le film en produit marketing pour enfant, on savait que le film aurait du mal à nous passionner. Et dès son visionnage, le constat est sans appel. Bayona se retrouve enchaîné à mettre en scène un film ô combien ridicule mais surtout sans intérêt.

Prisonnier d’un scénario totalement régressif et écrit par un enfant autiste de huit ans du nom de Colin Trevorrow, déjà auteur de la bouse intersidérale sans queue ni tête The Book of Henry, Jurassic World Fallen Kingdom signe la chute totale de l’empire du blockbuster créé par Spielberg avec le premier volet de Jurassic Park.

Le film est dans la stricte continuité du premier, réutilisant les mêmes ressorts scénaristes et l’utilisation de la modification génétique. Autant dire qu’on sait très vite ce qui nous attend et où l’on va. Malgré une scène d’ouverture magistrale en pleine nuit sur Isla Nublar, le long métrage ne réussit jamais à se dépêtré de son histoire. Trop vite, on retrouve les personnages caricaturaux du premier opus qui s’envolent sur l’île pour sauver les dinosaures de l’extinction. Si pendant sa première heure, le film délivre la sauce dans ce qui aurait pu être le climax du film, on n’est jamais inquiet du sort des personnages. Pire encore, les dialogues plats et les interactions entre les personnages d’Owen (Chris Pratt) et Caire (Bryce Dallas Howard) sont amorphes et nous endorment par une connerie abyssale rare à ce niveau pour ce qui est censé être un blockbuster aux enjeux importants.

Malheureusement, le film ne va pas aller en s’arrangent. Au détour d’un plan sublime où le volcan emporte les dinosaures dans une ombre de fumée, Bayona nous montre l’échec de son royaume et son incapacité à relever une histoire grandiose. Place alors au grand n’importe quoi. Ventes aux enchères d’espèces de Dinosaures dans un sous-sol, modification génétique d’être humain et un Vélociraptor qui terrasse un gros Dinosaure. Bref, on est loin d’être satisfait malgré les nombreuses espèces présentes.

La présence du personnage de Ian Malcolm en est même très fade dans le film. Simple cameo, son apparition n’est qu’anecdotique et déçoit amplement. Reste à espérer un grand rôle pour le troisième volet, sinon on aura encore une fois assisté à de la grande esbroufe hollywoodienne. Pire encore l’absence de danger se fait ressentir. Au delà du manque de scènes d’horreur et de morts à l’écran, la faute à un cahier des charges et au PG era, on regrette que les seuls personnages à trépasser soient les vilains du films.

Jurassic World : Falen Kingdom réussit l’exploit d’être aussi raté que son prédécesseur. Ennuyeux, personnages irritant et une histoire absolument fainéante, Bayona ne réussit jamais à emballer son récit malgré une mise en scène un peu plus inspirée qu’à l’accoutumée. Mais plus important, cet opus marque l’incapacité des studios à nous faire rêver à nouveau avec des anciennes franchises. Dommage donc de laisser la nouvelle génération avec des films aussi fades et sans moments marquants.