Critiques de films, Drame

Critique : K.O. de Fabrice Gobert

Le monde n’est pas celui que l’on croit être

Antoine Leconte est un homme de pouvoir arrogant et dominateur, tant dans son milieu professionnel que dans sa vie privée. Au terme d’une journée particulière oppressante, il est plongé dans le coma. À son réveil, plus rien n’est comme avant : Rêve ou réalité ? Complot ? Cauchemar ?… Il est K.O.

Certes, Laurent Lafitte sait y faire quand il s’agit de jouer la comédie. L’humour, c’est son truc. Mais son registre de jeu ne se limite pas à ça. Dans Elle l’an dernier, il montrait déjà qu’il était tout aussi bon dans un ton plus dramatique. Cela se poursuit avec K.O. où Lafitte incarne un homme complètement dépassé par une situation qu’il ne comprend pas. Et ça ne le fait pas rire du tout, loin de là.

K.O. est un film faussement complexe qui se veut plus intelligent qu’il ne l’est réellement. Antoine Leconte travaille pour une chaîne de télévision où il y a un poste important. Mais, un jour, alors qu’il y a des tensions sociales au sein de l’entreprise, il se fait tirer dessus par un animateur. Quand il se réveillera, rien n’est plus comme cela était avant qu’il ne soit pris pour cible. Pareil pour les spectateurs. Les repères ont changés.

Complot ? Schizophrénie ? Rêve ? La question se pose rapidement parce que ce genre de schéma a déjà été usé jusqu’à la corde. K.O. n’a donc rien de très original. Malgré tout, il parvient à garder un certain suspense. Les réponses n’arrivent vraiment qu’à la fin, ce qui témoigne d’une bonne gestion narrative et rythmique. Le spectateur cogitera ce qui est évidemment une bonne chose. Mais, pour ceux qui mangent des films, les pistes de résolution seront évidentes ce qui peut gâcher le plaisir. Cependant, une certaine inconsistance se fait remarquer. Certaines scènes sont trop longues, répétitives ce qui montre un manque de consistance évident. De plus, si cela semble bien ficelé en apparence, tout ne fonctionne pas. Si bien que le métrage laisse un goût amer sous ses airs de téléfilm.

Ce sentiment de voir un téléfilm est renforcé par cette mise en scène plan-plan qui se veut démonstrative mais qui, finalement, fait plus de l’esbroufe qu’autre chose. Elle est très classique, sans âme particulière et les quelques plan-séquences ne font pas illusion. Dommage qu’elle ne parvienne jamais à donner un coup de fouet, un grain de folie qu’elle ne parvienne jamais à dynamiser cette histoire qui, passé un moment, tourne un peu en rond. Le casting qui, outre Laurent Lafitte, comprend entre autres Pio Marmaï, Chiara Mastroiani ou encore Clotilde Hesme et Jean-Charles Clichet, ne parvient pas à sauver les meubles. Tous sont plutôt bons dans ce qu’ils font et proposent, heureusement que leurs personnages ont des subtilités. Malheureusement, cela ne vient pas bousculer les lignes.

Reste que K.O. est plus un téléfilm somme toute plutôt correct mais qui ne dispose pas d’atouts qui feraient qu’il se démarquerait de ce qui a déjà été fait par le passé. Aussitôt vu, aussitôt oublié. Dommage car il y avait de bonnes idées et ce que les comédiens doivent joués est intéressant.