Critiques de films, Documentaire

Critique : La Clé des Champs, de Claude Nuridsany et Marie Pérennou

D’un côté, nous avons la beauté d’une photographie hallucinante et des plans rapprochés ahurissants. D’un côté, nous avons la description sensorielle d’un monde animalier, une histoire lancinante et une torpeur quasi générale. On appelle cela une sieste agréable.

 

Affiche du film La Clé des Champs, de Claude Nuridsany et Marie Pérennou
Affiche du film La Clé des Champs, de Claude Nuridsany et Marie Pérennou

 

Une mare abandonnée. Deux enfants solitaires tombent sous le charme de ce lieu sauvage qui les rapproche peu à peu l’un de l’autre et les aide à apprivoiser la vie.
À travers leur regard, leur imaginaire, la mare devient un royaume secret à la fois merveilleux et inquiétant, peuplé de créatures de rêve ou de cauchemar.
Une expérience initiatique, brève et intense, dont ils sortiront transformés.

 

 

 

La Clé des Champs est le troisième long-métrage, mêlant nature et petit conte fictionnel pour le duo Marie Pérennou et Claude Nuridsany. Tous deux se sont pris d’affection sur des thématiques comme la nature, la peinture, la musique, la photo et la littérature. Des sujets qu’on retrouve assez aisément dans ce cinéma pictural et sensitif. Après Microcosmos (et son affiche très ressemblante à notre film en question) et Genesis, le duo se replonge dans la beauté de la nature et l’infiniment petit. Un film qui fait l’écho d’une certaine citation célèbre de Vladimir Jankélévitch : « L’homme est infiniment grand par rapport à l’infiniment petit et infiniment petit par rapport à l’infiniment grand ; ce qui le réduit presque à zéro ». Voilà, la beauté et l’intérêt de La Clé des Champs, c’est de voir la beauté de la nature, ce qu’elle à nous montrer, à nous faire entendre aussi.

 

Extrait du film La Clé des Champs (2011)
Extrait du film La Clé des Champs (2011)

 

De la grenouille à la feuille si légère, le film développe une histoire –pas très intéressante soit dit en passant- d’un petit enfant qui s’ennuie –tiens, nous aussi- pendant un été à la campagne. Petit aventurier qu’il est, il découvre un lac et s’éprend des merveilles que celui-ci contient. Il se rêve à imaginer ce monde, fait la rencontre d’une autre petite fille tout aussi attirée que lui par ce monde qu’ils ne connaissaient pas. Ils découvrent donc ce monde fascinant, ce qui offre également l’occasion de faire l’apologie de la nature verte que l’homme ne doit pas toucher. Il y a donc la nature, dont l’ordre n’est dicté par personne, montrée ici comme une peinture aux choix multiples, dans un film où la photographie semble follement sublime. Il nous deux passions pour ce duo : la littérature (une voix-off narrative signée Denis Podalydès, dans un verbe propre) et la musique (qui offre une troisième collaboration avec Bruno Coulais). Mais au-delà de la beauté esthétique de ce documentaire, clairement destinée aux enfants, on a du mal à s’accrocher ou à s’intéresser à ce qui est montré. Les paupières sont lourdes, la sieste s’impose, au bruit de cette nature virevoltante. Il manquait de la folie pour ne pas me laisser sombrer dans cette torpeur soporifique. Alors dommage, La Clé des Champs ne sera pas un film mémorable, mais rares sont les siestes reposantes aussi agréables au cinéma.

 

 

L’avis : Un documentaire familial qui nous montre la nature sous des angles improbables. C’est beau certes, mais très lourd et sans grain de folie. On s’endort paisiblement au final.