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Critique : La La La at Rock Bottom de Nobuhiro Yamashita

Une comédie dramatique sur fond de variété rock japonaise

LaLaLaatRockBottom
Affiche de La La La at Rock Bottom

A sa sortie de prison, Shigeo, une jeune homme embrigadé dans un gang de voyous, se fait lyncher par d’anciens ennemis et perd la mémoire. Il se fait alors repérer par la très jeune propriétaire d’un studio d’enregistrement et d’un groupe de variété rock japonais qui décide de l’y intégrer en le renommant Pochio (nom de chien).

La La La at Rock Bottom est un film de commande destiné à mettre en scène Subaru Shibutani, un chanteur très populaire au japonais. Le voilà qui tient donc le premier rôle de Pochio (ou devrait-on plutôt dire Shiego) en faisant son job, mimant une amnésie crédible bien que le personnage de bandit au fond pur et au grand cœur n’évite pas tous les clichés du genre. Ce qui le rend touchant, c’est ce retour à une innocence tout à fait nouvelle et une impulsivité comportementale qui rappelle celle d’un enfant, alors qu’il semble perdu au milieu de ce nouveau monde, sans connaître sa propre identité. Le contraste entre Pochio et Shigeo est brutal mais La La La at Rock Bottom parvient à couvrir le traitement des deux identités avec la désillusion d’un personnage malmené par la vie, Subaru Shibutani prouve qu’il peut être plus qu’un chanteur à midinettes. 

Malgré quelques éléments comiques, le film s’inscrit dans une lignée dramatique qui, comme il est souvent le cas dans les films japonais, reste très prude et en retenue dans les grandes embarquées de pleurs à l’écran mais les éléments scénaristiques destinés à démontrer le malheur de chacun ne font pas toujours dans la subtilité pour autant et renchérit souvent son texte par une image. L’évocation d’une jeune fille vivant seule avec son grand-père puis l’histoire de sa vie auraient suffi amplement, les allusions discrètes mais un peu poussive au statut d’orpheline de Kasumi peuvent parfois faire un peu soupirer. Ce second personnage s’avère pourtant être plus intéressant que celui de Shigeo, moins prévisible, moins facile. Abordée avec plus de recul, on en vient à se questionner sur sa nature et ses motivations qui semblent parfois douteuses, la jeune fille n’hésitant pas à utiliser les gens autour d’elle. La progression du scénario nous permet de découvrir une psychologie un peu plus intéressante qui offre une meilleure dimension.

Extrait de La La La at Rock Bottom
Extrait de La La La at Rock Bottom

C’est un film de commande divertissant qui s’en sort bien et installe sa petite identité bien précise, ancrée dans un quartier particulier d’Osaka, avec lequel il fusionne, alors qu’on accorde également aux instants musicaux jouissifs une capacité à contaminer le spectateur. Ce tout positif est servi à travers une réalisation bien acceptable mais on regrette aussi que La La La at Rock Bottom reste si gentil, voir même un peu trop, peut-être pour assurer ses chances de bien plaire au public visé. Peut-être est-ce pour être sûr de plaire au public visé, par facilité, par peur du risque, mais le film apparaît quelques fois comme étant très lisse et un peu prévisible, avec son clan des méchants et son clan des gentils, au-dessus desquels prônent les questionnements émotionnels de Shigeo et Kasumi.

L’ensemble est relativement lisse, une fable mignonnette sur la désillusion et les secondes chances mais non pas dépourvu de totale qualité, on prend du plaisir à découvrir cette comédie dramatique divertissante sur fond de variété rock japonaise, qui contamine rapidement le spectateur par son énergie et, on se surprend à vouloir continuer sur ce même air musical.