Critiques de films, Drame

Critique : La Mélodie de Rachid Hami

Film sur l’éducation n°1693

A bientôt cinquante ans, Simon est un violoniste émérite et désabusé. Faute de mieux, il échoue dans un collège parisien pour enseigner le violon aux élèves de la classe de 6ème de Farid. Ses méthodes d’enseignement rigides rendent ses débuts laborieux et ne facilitent pas ses rapports avec des élèves difficiles. Arnold est fasciné par le violon, sa gestuelle et ses sons. Une révélation pour cet enfant à la timidité maladive. Peu à peu, au contact du talent brut d’Arnold et de l’énergie joyeuse du reste de la classe, Simon revit et renoue avec les joies de la musique. Aura-t-il assez d’énergie pour surmonter les obstacles et tenir sa promesse d’emmener les enfants jouer à la Philharmonie ?

Ah l’éducation. Quel sujet inspirant et pourtant si peu inspiré. A la rentrée, le film Les grands esprits avait marqué un joli coup en utilisant, un peu facilement c’est vrai, le sujet du prof d’un grand lycée qui débarque en banlieue. Le résultat était tout de même probant. Voici le deuxième métrage d’une série de trois films qui se clôturera avec Le Brio dans quelques semaines, La Mélodie. Cette fois ci, l’éducation est abordée au travers du prisme de la musique bien que, globalement, ne nous y trompons pas, la structure narrative est la même pour les trois films. Si ces trois films n’étaient pas tous sortis la même année en quatre mois, peut-être que les réactions seraient différentes mais, en attendant, c’est compliqué de ne pas faire de parallèle ni de les mettre en perspective. Ce qui est certain, c’est que La Mélodie est le plus raté de tous.

A nouveau, il s’agit d’un enseignant qui débarque dans une école dite « multiculturelle » ou difficile. Il vient enseigner le violon, lui-même étant violoniste professionnel mais qui tourne peu et se voit obligé de se tourner vers l’enseignement. L’objectif de l’année, c’est d’atteindre un niveau suffisant pour le concert qui sera donné à la Philharmonie. Le professeur va donc tenter d’intéresser et mobiliser les élèves à ce projet, tâche qui sera évidemment ardue. Les objectifs sont clairs et les péripéties qui vont y mener sont d’une logique imparable, ne laissant aucune place à la surprise. Pour que ce type de film fonctionne, il faut que le professeur se prenne d’empathie pour un élève en particulier. Bien que tout soit cousu de fil blanc, il faut bien reconnaître que ce garçon, Arnold, est un personnage plutôt attachant, incarné avec justesse par Renély Alfred. A noter également la présence, toujours sympathique, de Samir Guesmi

Ni la mise en scène inexistante ni la prestation d’un Kad Mérad morne ne viennent sauver ce film d’une platitude et classicisme désolants. Ce n’est malheureusement pas les prestations de Renély Alfred et Samir Guesmi qui relèvent le niveau. Au final, La Mélodie est un vite très vite oublié qui n’aurait pas mérité mieux qu’un passage sur TF1 un mardi soir.