Animation, Critiques de films, Drame

Critique : La passion Van Gogh de Dorota Kobiela et Hugh Welchman

Comme une peinture…

Paris, été 1891, Armand Roulin est chargé par son père, le facteur Joseph Roulin, de remettre en mains propres une lettre au frère de Vincent van Gogh, Theo. En effet, la nouvelle du suicide du peintre vient de tomber. Armand, peu enchanté par l’amitié entre son père et l’artiste, n’est pas franchement ravi par sa mission. À Paris, le frère de Van Gogh est introuvable. Le jeune homme apprend alors par Père Tanguy, le marchand de couleurs du peintre, que Theo, visiblement anéanti par la disparition de son frère aîné, ne lui a survécu que quelques mois. Comprenant qu’il a sans doute mal jugé Vincent, Armand se rend à Auvers-sur-Oise, où le peintre a passé ses derniers mois, pour essayer de comprendre son geste désespéré. En interrogeant ceux qui ont connu l’artiste, il découvre combien sa vie a été surprenante et passionnée. Et que sa vie conserve une grande part de mystère.

Quel projet fou que celui ci ! En effet, La passion Van Gogh n’est pas un film comme les autres. Ce n’est même pas un film d’animation comme les autres, le projet est bien plus dingue. Les images, ce sont des peintures, à la manière de Van Gogh. Déjà comme ça, cela semble fou mais ça ne s’arrête pas là. Dans le film, on retrouve des dizaines de tableaux de Van Gogh repeints mais, ce n’est jamais indiqué comme tel. La passion Van Gogh raconte l’histoire autour de sa mort, Armand Roulin essaie de retracer les faits exacts. Il s’agit donc d’une histoire plus ou moins classique. Les peintures de Van Gogh refaites quasiment à l’identique, il s’agit de paysages et autres, qui s’inscrivent complètement dans le film. La prouesse technique ne s’arrête pas là. Pour donner la voix aux personnages, il fallait des comédiens, plusieurs d’entre eux sont connus. Mais plus que leur voix, ils donnent aussi leurs traits. C’est comme cela que l’on reconnaît sans peine Douglas Booth, Chris O’Dowd ou encore Saoirse Ronan.

La passion Van Gogh est donc un film retraçant le mystère autour de la mort du peintre néerlandais, en peinture, à la façon de Van Gogh et avec des comédiens qui prêtent leurs traits et leur voix aux personnages qui sont dans le film. Résumé comme ça, la tâche semble impossible. On imagine sans difficulté les années de travail qu’a nécessité le projet.

Ce n’est pas facile de rentrer dans le film au début. Il faut s’habituer à la technique, rentrer dans l’histoire petit à petit car elle met du temps à démarrer,… Mets, avec le temps, on apprécie le spectacle. Visuellement, c’est réellement bluffant. La prouesse est remarquable. Quand on sait qu’il y a des peintures refaites pratiquement à l’identique, qu’il y a une histoire avec un fond de mystère, qu’on reconnaît les acteurs et que tout cela prend forme, le plaisir arrive.

L’histoire met un peu de temps à s’installer mais le mystère entourant la mort du plus célèbre peintre néerlandais parvient à passionner. Il faut également un peu de temps à s’habituer à la technique picturale. C’est inhabituel de voir une œuvre cinématographique qui reprend le travail d’un peintre pour son identité visuelle mais, le résultat est là et passionne tout autant. Bref, La passion de Van Gogh est une jolie surprise à ne pas manquer.