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Critique : La promesse de Terry George

De très bonnes intentions, pas un très bon film

 

1914, la Grande Guerre menace d’éclater tandis que s’effondre le puissant Empire Ottoman. A Constantinople, Michael, jeune étudiant en médecine arménien et Chris, reporter photographe américain, se disputent les faveurs de la belle Ana. Tandis que l’Empire s’en prend violemment aux minorités ethniques sur son territoire, ils doivent unir leurs forces pour tenir une seule promesse : survivre et témoigner.

Que d’assez gros noms pour cette production. A la réalisation, on retrouve l’irlandais Terry George qui a notamment fait Hotel Rwanda qui reçut un bon accueil critique lors de sa sortie. Les trois acteurs principaux sont Oscar Isaac, Charlotte Le Bon et Christian Bale. Nous avons donc un gallois qui joue un américain et un guatémaltèque et une canadienne qui jouent des arméniens. Et je radote peut-être un peu, mais cela m’embête. Je ne questionne absolument pas le talent des uns ou des autres, mais il aurait pu être judicieux de choisir des acteurs d’origine arménienne pour représenter ces personnages.

Quelques mots sur ce génocide. Le génocide arménien a eu lieu d’avril 1915 à 1923. Les deux tiers, soit environ un millions deux cent mille, des Arméniens qui vivent alors sur le territoire actuel de la Turquie périssent du fait de déportations, famines et massacres de grande ampleur. Il est planifié et exécuté par le parti au pouvoir à l’époque, le Comité Union et Progrès (CUP), plus connu sous le nom de « Jeunes-Turcs ». Sa reconnaissance politique à travers le monde fait encore l’objet de débats et de controverses, à cause de la négation de ce génocide, notamment en Turquie. En octobre 2015, le génocide est reconnu par les parlements de vingt-neuf pays.

Le véritable problème de ce film, outre un casting assez peu représentatif, est son ton mélodramatique beaucoup trop avancé. Les personnages sont trop caricaturaux et la plupart des intrigues et rebondissement sont trop évidents. Bien évidemment, l’intention première du film est plus qu’honorable. A savoir, mettre en avant un génocide peu représenté et ce par l’intermédiaire d’un film facile d’accès. Donc, l’intention est tout à fait honorable mais le résultat n’est pas à la hauteur.

En conclusion, le film ne fera surement pas date. Par contre s’il permet de réactualiser tout le débat sur le génocide arménien, cela n’est peut-être pas une mauvaise chose. Je ne le conseille pas en tant qu’œuvre filmique, mais plus comme une aide pour appréhender une situation historique complexe sans le prendre au tout premier degré car l’histoire est tout de même très romancée.