Critiques de films, Drame

Critique : L’affaire Roman J. de Dan Gilroy

Vice de procédure

Un avocat de Los Angeles doit affronter un changement majeur dans sa compagnie.

Après son excellent Nightcall avec Jake Gyllenhaal, le nouveau film de Dan Gilroy était ultra attendu. Avec Denzel Washington en tête d’affiche, on pouvait s’attendre a u ngrand film à nouveau. Malheureusement, Dan Gilroy ne confirme pas son succès de Nightcall avec L’affaire Roman J.

Roman J. Israël travaille, seul, dans un bureau d’avocats de Los Angeles. Visiblement atteint d’une forme d’autisme, il aime prononcer son nom complet en plus du petit «Esq», faisant référence à «Esquire», certifié du Barreau Américain. Il excelle à préparer les brefs et à se souvenir de tous les clients tandis que son associé et mentor est la figure publique de ce duo, celui qui se rend en cour et défend les accusés. Malheureusement, ce dernier a une crise cardiaque, ce qui compromet l’équilibre de l’existence de Roman. Car l’associé, désormais dans un état végétatif, a pris ses précautions en demandant à George Pierce  de liquider le cabinet s’il lui arrivait quelque chose. Mais que faire de Roman? Devant son don évident de mémorisation et son souci des clients, Pierce décide de lui offrir un travail dans le cabinet où il est associé. Roman est un idéaliste, un ancien activiste qui n’a jamais complètement renoncé à réformer le système pénal américain dans lequel trop d’innocents – majoritairement noirs – doivent plaider coupables afin d’éviter une trop lourde peine. Peu à l’aise dans la société contemporaine, vivant dans le passé, Roman se lie d’amitié avec Maya , une jeune activiste, ce qui ne l’empêche pas d’accumuler les gaffes jusqu’à se compromettre moralement.

Dan Gilroy avait tout en main pour nous livrer une fresque sociale de qualité et un film sur la black exploitation dans l’univers du monde de la justice. Malheureusement l’intrigue du film va très vite nous désintéressé et les longs dialogues vont finir par nous perdre et nous faire transpirer en regardant notre montre. L’ennui y est palpable. Le film a d’ailleurs subit un nouveau montage avec dix minutes en moins après les retours lors du festival de Toronto.

Le début du film st pourtant efficace et prenant. On suit les aventures de cet avocat pas comme les autres et on se dit qu’on va véritablement passer un bon moment. Mais on est très loin du récent Miss Sloane par exemple. Le film va se perdre dans sa seconde partie, se concentrant sur une une évolution incohérente du personnage et une amitié inintéressante. Malgré la beauté des plans de nuit de Los Angeles, Dan Gilroy se perd et nous perd aussi tout du long.

Denzel Washington est absolument remarquable dans le rôle. Plus gros physiquement et avec un véritable travail sur les manières de son personnage. Il transcende le film et réussit à nous faire croire à cette histoire du moins dans sa première partie. Colin Farell fait lui aussi le taff dans un rôle plus mineur.

L’affaire Roman J. est donc une déception. Malgré une belle performance de Denzel Washington, le scénario de Dan Gilroy peine à convaincre dans une seconde partie incohérente et médiocre. Beaucoup trop long, Dan Gilroy nous perd dans son Los Angeles et échoue a confirmer le bien qu’on avait penser de lui grâce à NightCall.