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Critique : Le 15h17 pour Paris de Clint Eastwood

Les vacances d’Eastwood

Dans la soirée du 21 août 2015, le monde, sidéré, apprend qu’un attentat a été déjoué à bord du Thalys 9364 à destination de Paris. Une attaque évitée de justesse grâce à trois Américains qui voyageaient en Europe. Le film s’attache à leur parcours et revient sur la série d’événements improbables qui les ont amenés à se retrouver à bord de ce train. Tout au long de cette terrible épreuve, leur amitié est restée inébranlable. Une amitié d’une force inouïe qui leur a permis de sauver la vie des 500 passagers …

A 87 ans, Clint Eastwood ne chôme pas et compte continuer son oeuvre cinématographique impressionnante. Après l’excellent Sully, le revoilà sur une autre histoire vraie avec d’autres héros américains. Il est question de l’attentat avorté du Thalys en 2015. Le choix d’un tel sujet n’est pas étonnant lorsqu’on connait Eastwood, car la question de l’héroïsme imprègne son cinéma depuis un certain temps. En revanche, là où il surprend, c’est en décidant de mélanger la fiction et la réalité, en reprenant par exemple les véritables hommes et en reconstituant minutieusement les faits. Malheureusement, le réalisateur de Gran Torino nous livre un film anecdotique et plat.

Un attentat déjoué par des américains en vacances. Voici donc l’histoire folle de trois amis que nous raconte Clin Eastwood. En reprenant les véritables protagonistes, il s’exerce dans un style peu commun. Si le souci d’être véridique est là, il lui est difficile de conter un événement aussi court. Il rajoute donc de la fiction et raconte la jeunesse et l’avant-attentat des américains.

On suit donc les vacances des amis américains à travers l’Europe. Fêtes, hôtels, restaurants et selfies devant les monuments. Rien de bien folichon. Sauf que le tout dure 1h15 et que les acteurs n’en sont pas vraiment. Le film est entrecoupé de flashforwards sur l’attentat, de sorte générer de la tension. 

Mais le pire est probablement cette fin où Eastwood utilise les images d’archive de la vraie déclaration de François Hollande lors de la remise de la légion d’honneur, mais avec un contre-champ montrant un faux Hollande. Une sorte de recomposition assez incompréhensible, sans doute comparable à la scène du bébé dans Americain Sniper. A force de vouloir aller vite, Clint se perd dans sa mise en scène en pensant tromper l’oeil des spectateurs.

Au final, Le 15h17 pour Paris est un téléfilm anecdotique, la plus faible facette d’Eastwood où le réalisateur retrouve des thèmes cher sur l’héroïsme, la guerre et la religion.