Comédie, Critiques de films

Critique : Le sens de la fête d’Eric Toledano et Olivier Nakache

Les nouveaux sauvages

Max est traiteur depuis trente ans. Des fêtes il en a organisé des centaines, il est même un peu au bout du parcours. Aujourd’hui c’est un sublime mariage dans un château du 17ème siècle, un de plus, celui de Pierre et Héléna. Comme d’habitude, Max a tout coordonné : il a recruté sa brigade de serveurs, de cuisiniers, de plongeurs, il a conseillé un photographe, réservé l’orchestre, arrangé la décoration florale, bref tous les ingrédients sont réunis pour que cette fête soit réussie… Mais la loi des séries va venir bouleverser un planning sur le fil où chaque moment de bonheur et d’émotion risque de se transformer en désastre ou en chaos. Des préparatifs jusqu’à l’aube, nous allons vivre les coulisses de cette soirée à travers le regard de ceux qui travaillent et qui devront compter sur leur unique qualité commune : Le sens de la fête.

Après l’échec de Samba, Toledano et Nakache étaient attendus au tournant. Avec Le sens de la fête, les deux réalisateurs renouent avec ce qui a fait le succès de Nos jours heureux et Tellement proches et nous livrent une excellente comédie sur le thème du mariage avec des personnages hauts en couleurs.

Le sens de la fête nous place de l’autre coté de la barrière du mariage. Cette fois-ci, les protagonistes principaux ne sont pas les mariés et la famille mais bien les organisateurs. On assiste donc durant tout le film à la préparation et au déroulement du mariage. Un peu comme Mi Gran Noche d’Alex de la Iglesia qui parlait du tournage d’une émission de fin d’année, Le sens de la fête s’intéresse uniquement aux coulisses. La mécanique du film s’articule autour des différents postes. Il y a évidemment l’organisateur principal mais aussi ses assistants directs, la cuisine, le photographe, le groupe d’animation musicale mais aussi les mariés. C’est en faisant se croiser tous ces intervenants que le film fonctionne si bien. La soirée se monte devant les yeux des spectateurs, qui se régaleront de voir le résultat. Bien évidemment, comme dans toute bonne comédie, tout ne se passe pas comme prévu.

Quand on parle de film sur le mariage, on repense forcément au segment extraordinaire du film argentin Les nouveaux sauvages. Le sens de la fête continue dans cette lignée tout en étant beaucoup moins trash et beaucoup plus grand public. Doté d’une galerie de personnages chers à Toledano et Nakache, la comédie réussit à nous donner le sourire tout le long.

La force du film repose bien évidemment sur son personnage principal interprété par Jean-Pierre Bacri. Dans un rôle assez inattendu, l’acteur délivre une performance comique impeccable et sincère. Très naturel, Bacri sort des répliques au tac au tac et cela fonctionne toujours. Que ce soit dans le comique de situation ou dans les répliques ainsi que ses altercations avec les différents protagonistes, tout fonctionne. Son rapport avec le marié, absolument détestable, ou ses collègues et amis, Bacri est bon et permet de rehausser le film. Les autres acteurs sont eux aussi excellents. On pense notamment à Eye Haidara, véritable révélation du film mais Vincent Macaigne, Gilles Lellouche et Jean-Paul Rouve font aussi le boulot.

Le sens de la fête est une comédie populaire réussi. Difficile de ne pas apprécier tant Toledano et Nakache nous livrent un film à la fois drôle et bourré d’émotion sur un des moments importants de la vie. Porté par un casting au sommet, Le sens de la fête est la comédie de cette fin d’année.