Critiques de films, Drame

Critique : Les Acacias, de Pablo Giorgelli

2012 commence très fort avec Take Shelter. Une autre sensation vient nous troubler sur grand écran : Les Acacias.

 

Affiche du film Les Acacias, de Pablo Giorgelli
Affiche du film Les Acacias, de Pablo Giorgelli

 

 

 

Sur l’autoroute qui relie Asunción à Buenos Aires, un camionneur doit emmener une femme qu’il ne connaît pas et son bébé. Ils ont devant eux 1500 kilomètres, et le début d’une belle histoire.

 


Les Acacias Bande-annonce par toutlecine

 

Cannes 2011 est toujours d’actualité, même en janvier 2012. Deux des sensations cannoises du Printemps sortent la même semaine. D’un côté, l’étonnant et halluciné Take Shelter, d’un autre le touchant et précieux film de Pablo Giorgelli, Les Acacias. Caméra d’or à Cannes, mais également récompensé par le Prix ACID, ce premier film est un petit bijou signé de la patte d’un réalisateur à suivre. Pablo Giorgelli nous raconte le périple quasi initiatique entre en camionneur et une femme qui ne connaissent pas. L’histoire s’écrit sur fond de crise économique en Amérique Latine. Les Acacias fonctionne sur les non-dits, les silences et regards, le tout dans une unité de lieu –la cabine d’un semi-remorque- dans laquelle évolue les trois quarts de l’action. En parlant de solitude, de perte de l’être cher, et d’un besoin de soutien évident du corps faible, le réalisateur rapproche très vite le spectateur du sujet évoqué dans le film. Le brio revient à le faire sans compassion. Sa manière de mettre en scène est irrésistible, le propos, aussi lent soit-il, finit par nous éblouir et nous toucher, à l’image d’une scène finale étonnante et magnifique. Durant la première demi-heure, on se demande où le réalisateur veut nous emmener… Mais de fil en aiguille, il fait avancer son histoire avec des ingrédients savamment utilisés. Les personnages sont touchants à souhait et laissent leurs émotions naviguer sans esbroufe, ni surenchère. German Da Silva, acteur issu du théâtre, incarne un camionneur au départ inintéressé et silencieux. Puis peu à peu, il laisse découvrir ses failles d’hommes et il ne peut retenir plus longtemps ce qu’il garde secrètement dans une carapace invisible. Le rythme est relativement lancinant, mais la démonstration n’en reste pas moins étonnante.

 

L’avis : Un premier film fabuleux, une belle histoire touchante qui arrive à terme au moment où le paroxysme est atteint. Un voyage agréable, mis en scène avec brio et sincérité. Un incontournable de ce début d’année.