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Critique : Les Aventures de Spirou et Fantasio de Alexandre Coffre

Le Comics cinematic universe du cinéma français

Lorsque Spirou, prétendu groom dans un Palace, rencontre Fantasio, reporter en mal de scoop, tout commence très fort… et plutôt mal ! Ces deux-là n’ont aucune chance de devenir amis. Pourtant, quand le Comte de Champignac, inventeur aussi génial qu’excentrique, est enlevé par les sbires de l’infâme Zorglub, nos deux héros se lancent aussitôt à sa recherche. En compagnie de Seccotine, journaliste rivale de Fantasio, et de SPIP, petit écureuil espiègle, ils sont entrainés dans une poursuite effrénée entre l’Europe et l’Afrique. Spirou et Fantasio vont devoir faire équipe pour sauver Champignac… et accessoirement le reste du monde !

Depuis quelques années, les blockbusters français sont des adaptations de différentes bandes-dessinées issues de la culture populaire, avec plus ou moins de réussite à chaque fois. Cette fois-ci, c’est au tour des aventures de Spirou et Fantasio de voir son adaptation sur grand écran. Et le résultat est très curieux. 

Si Spirou a connu plusieurs auteurs et dessinateurs, Alexandre Coffre décide d’adapter la période la plus populaire du personnage, à savoir celle de Franquin. En attendant Gaston Lagaffe un peu plus tard cette année, il s’agit du deuxième film adaptant des personnages de Franquin, après le Marsupilami d’Alain Chabat. Et comme pour Sur la piste du Marsupilami, Alexandre Coffre démontre que l’univers de Franquin n’est pas forcément adapté à l’écran comme à la BD.

En effet, Les Aventures de Spirou et Fantasio est prisonnier de deux écueils. D’une part celui de respecter l’oeuvre originale, d’autre part celui du cahier des charges de la comédie populaire française. Et malheureusement, tout n’est pas réussi sur ces deux échelles. D’abord parce que les origines de Spirou sont retravaillées et qu’il devient difficilement charismatique, puis parce que le film hésite tout le long entre le différents genres (action/aventure VS comédie). Cela aboutit un résultat schizophrène mais tout de même assez propre.

Visuellement, on sent que tous les moyens sont présents pour nous livrer un film de bonne qualité. Décors, costumes, mise en scène… Tout est plutôt bien foutu. Même la présence de Spipe est intéressante et convenablement introduite. C’est ainsi que surgissent les regrets, parce que les moyens sont bien là mais le film manque clairement d’ambition. Avec un scénario trop simpliste et des personnages qui ne ressortent jamais vraiment, Spirou et Fantasio est beaucoup trop plat pour nous convaincre pleinement. Il n’y a aucun gag pendant tout le film, malgré la volonté d’en faire. La trame aventurière est globalement bien amenée et on regrette que le film n’ait pas embrassé totalement cette voie de manière plus rigoureuse. 

Coté casting, le duo Alex Lutz (Fantasio) et Thomas Soliveres (Spirou) ne fonctionne pas. Le manque d’alchimie se fait sentir et on en vient parfois à regretter d’avoir fait de ce film un premier opus de leur rencontre plutôt qu’un film d’aventures où ils se connaissent déjà. Ramzy Bedia incarne la caution humour dans le rôle du méchant Zorglub. Si on avait un peu peur de le voir cabotiner, il est plutôt impeccable. De même pour Christian Clavier qui incarne un Champignac à la perfection. On retrouve aussi Géraldine Nakache (déjà présente dans le Marsupilami d’Alain Chabat) dans le rôle de Seccotine, histoire d’assurer une présence féminine.

Les Aventures de Spirou et Fantasio est un film hybride, ne sachant pas quel genre adopter. Prisonnier du cahier des charges de la comédie populaire française, il n’assume pas son coté aventure. Et une fois de plus, on s’aperçoit que ce qui fonctionne dans une BD, et notamment chez Franquin, ne fonctionne pas forcément au cinéma. Dommage aussi que le duo principal peine à convaincre. Pas très bon mais loin d’être une catastrophe, le film reste trop plat et simple.