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Critique : Les Cinq Légendes, de Peter Ramsey

Sorte de remix enfantin des Avengers, Les Cinq Légendes se veut être le blockbuster animé de Noël. Une jolie carapace pour un film sans âme.

 

Affiche du film Les Cinq Légendes, de Peter Ramsey
Affiche du film Les Cinq Légendes, de Peter Ramsey

 

Pitch, le croque-mitaine, est de retour, plus méchant que jamais ! Le Père Noël,  le Marchand de sable, la Fée des dents et le Lapin de Pâques se réunissent autour de Jack Frost, entité  à l’origine de l’hiver, invisible aux yeux de tous. Leur but : sauver les rêves des enfants du monde entier.

 

Plus tôt cette année, le phénomène Avengers est venu chambouler le box-office mondial. L’alliance de figures héroïques fait recette ! En cette fin 2012, Dreamworks adapte à un univers enfantin cette idée originale, visant le titre de film de Noël. Et le ravit sans soucis particuliers, laissant un goût quelque peu amer. Il portait sans doute trop d’espoir de renouveau et reste dans les carcans du dessin animé classique.

 

Extrait du film Les Cinq Légendes (2012)
Extrait du film Les Cinq Légendes (2012)

 

S’il y a quelque chose qu’on ne peut reprocher à ces Cinq Légendes, c’est sa technique, son visuel et sa photographie. Que c’est beau ! Coloré et ravissant, un joli tableau s’offre à nous. Les pouvoirs du Marchand de sable (personnage très réussi, mais nous en reparlerons) aident largement à rendre l’ensemble magique, rapprochant le tout d’un joli rêve. Vous me direz qu’en même temps, c’est son rôle… La 3D n’est pas gênante, et c’est le minimum qu’on lui demande. Les effets spéciaux sont parfaitement maîtrisés, les différents protagonistes  et leur univers respectifs sont dans l’ensemble très inspirés… Cependant, cette beauté reste très superficielle. Le tout est froid, distant. Etrange pour un film de Noël.

 

L’écueil le plus profond s’observe au niveau du scénario. Si l’idée de départ originale est bien là (est-ce que le Père Noël et le Marchand de Sable sont amis ?), il en ressort une histoire qui suit un chemin tout tracé, sans cahots ni déviation. On ressent la personnalité, plus ou moins clichée, des personnages mais aucun épanouissement et approfondissement à leurs propos. Cela viendra peut-être dans les suites, néanmoins on aurait aimé mieux connaître nos compagnons d’aventure. Cela dit, une mention spéciale est à adresser au Marchand de Sable. Touchant au possible et sans dire mot, il se révèle comme le héros de dessin animé le plus mémorable depuis Wall-E. Et, comme souvent, le plus taiseux apparaît comme étant le plus puissant de la bande…

 

Extrait du film Les Cinq Légendes (2012)
Extrait du film Les Cinq Légendes (2012)

 

Si la critique paraîtra un peu dure pour certains, elle est à nuancer. En effet, Les Cinq Légendes se révèle un joli film d’animation et de Noël, par la même occasion. Les principaux « codes » du dessin animé réussi sont présents : l’identification au personnage principal, une touchante histoire d’amitié, et les principes du genre «  l’amitié triomphe toujours »… La déception vient du fait qu’on attendait un renouvellement du genre, une nouvelle voie empruntée, peut-être un peu plus sombre, à l’image du méchant qui se révèle au final très banal.

 

L’avis : Les Cinq Légendes est à rapprocher d’un « Kinder Surprise » (c’est la période, alors usons des métaphores douteuses) : une vieille coque en plastique jaune au cœur d’un chocolat fondant. Ainsi, la magnifique, et je pèse mes mots, animation laisse transparaître au long du film une banalité décevante et un manque d’audace qui lui aurait permis de se démarquer. Ceci dit, peut-être qu’il s’adresserait dès lors à un public un peu plus mature. Mais quand donc allons-nous voir des gentils mourir dans un film pour enfants ?!