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Critique : Les Neiges du Kilimandjaro de Robert Guédiguian

Après L’armée du crime, ou bien Lady Jane, Robert Guédiguian revient avec son nouveau long-métrage, une romance dramatique :  Les Neiges du Kilimandjaro.

Les Neiges du Kilimandjaro, de Robert Guédiguian Affiche
Les Neiges du Kilimandjaro, de Robert Guédiguian Affiche

Bien qu’ayant perdu son travail, Michel vit heureux avec Marie-Claire. Ces deux-là s’aiment depuis trente ans. Leurs enfants et leurs petits-enfants les comblent. Ils ont des amis très proches. Ils sont fiers de leurs combats syndicaux et politiques. Leurs consciences sont aussi transparentes que leurs regards. Ce bonheur va voler en éclats avec leur porte-fenêtre devant deux jeunes hommes armés et masqués qui les frappent, les attachent, leur arrachent leurs alliances, et s’enfuient avec leurs cartes de crédit… Leur désarroi sera d’autant plus violent lorsqu’ils apprennent que cette brutale agression a été organisée par l’un des jeunes ouvriers licenciés avec Michel.

 

« Il est nuit. La cabane est pauvre, mais bien close.
Le logis est plein d’ombre et l’on sent quelque chose
Qui rayonne à travers ce crépuscule obscur. »

Victor Hugo, Les pauvres gens, 1859

Une histoire touchante, avec un bon thème certes simpliste. On sait qu’il va plaire, car c’est quelque chose qui peut nous arriver à tous. Robert Guédiguian à su s’entourer : Jean-Pierre Darroussin qui joue le rôle de Michel, un bon gars, qui ne ferait jamais de mal à une mouche. Et oui on peut le dire Jean-Pierre Darroussin est de nouveau dans la peau d’un type qui vient de se faire licencier, après De bon matin. Ce qui est dommage, c’est que Jean-Pierre Darroussin est un jeu toujours linéaire dans son interprétation, quelque soit le rôle. Toujours les mêmes postures, les même expressions du visage, mais aussi la même tonalité. Il y a aussi Ariane Ascaride qui joue Marie-Claire, la femme de Michel. Elle incarne son rôle comme il faut, là encore dans un personnage simple, mais terriblement touchant. Mais il n’y a rien a redire. Ensuite, on peut parler du jeune Grégoire Leprince-Ringuet (Christophe), un jeune homme qui travaillait avec Michel et qui lui aussi s’est fait licencier, mais qui tourne mal à cause de sa situation familiale (qui on peut le dire n’est pas idéale). Pour le peu de temps qu’il passe a l’écran, il faut tout de même avouer qu’il n’a pas été mauvais. Il est resté dans ce qu’il sait faire avec un personnage important, au centre du questionnement soulevé par ce film. Quant aux autres acteurs, ils ont des rôles assez secondaires, mais qu’ils interprètent assez bien.

Les Neiges du Kilimandjaro, de Robert Guédiguian
Les Neiges du Kilimandjaro, de Robert Guédiguian

Robert Guédiguian à très bien réalisé son film, de belles images, de bons moments d’émotions (il n’y a pas de quoi pleurer mais quand même). Malgré la prestation de certains acteurs cela n’enlève pas tant au film que cela. Ce qui est dommage c’est le scénario, il a quelques petits défauts. C’est-à-dire que le couple de Michel et Marie-Claire au départ est très bien, mais arrivé au moment du revirement de situation, il y a eu une coupure totale. Ce couple qui était « battant » après ce qui leur étaient arrivé, sont devenu trop compatissant. S’il n’y aurait pas eu cette fausse note, le film aurait peut être pris une autre tournure et donc aurait eu plus d’effet sur le spectateur qui lui se serait éventuellement reconnu. Il en ressort un film social qui délivre quelques belles vérités sur notre monde actuel, sa société, au travers d’un choc des générations, dont chacun doit en tirer des leçons pour mieux faire évoluer ce « vivre ensemble ».

Il faut aussi parler de la musique, qui est sublime à l’image de la chanson de Pascal Danel, Les Neiges du Kilimandjaro, forte en émotion, et surtout évocatrice pour le couple. Pourquoi cet exemple ? Car on reste dans une musique simple, sans violon ni chute du Niagara. Une bonne chose pour un film sincère.

L’avis : Un film avec une histoire commune à tout le monde. Qui se laisse apprécier et regarder, malgré quelques faux pas.