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Critique : L’incroyable histoire de Winter le dauphin, de Charles Martin Smith

Inspiré d’une histoire vraie, l’Incroyable histoire de Winter le dauphin est obligé de toucher derrière une avalanche de bons sentiments.

 

Affiche du film L'incroyable histoire de Winter le dauphin, de Charles Martin Smith
L'incroyable histoire de Winter le dauphin, de Charles Martin Smith

 

Alors qu’un jeune dauphin femelle s’ébroue, il est pris au piège dans un casier à crabe et se blesse grièvement la queue. Repêché, il est transporté à l’hôpital Clearwater pour espèces marines, où il est rebaptisé Winter. Mais ce n’est que la première étape d’un long combat pour sa survie… Car s’il perd sa queue, Winter risque de mourir. Il faudra toute l’expertise d’un biologiste marin passionné, le savoir-faire d’un brillant prothésiste et le dévouement indéfectible d’un petit garçon pour que l’impossible se produise : sauver Winter. Un miracle révolutionnaire qui redonnera espoir à des milliers de personnes handicapées à travers le monde.

 

 

Coincé derrière le déjà mythique Sauvez Willy, datant de 1993, L’incroyable histoire de Winter le dauphin n’y gagnerait pas à être comparé à son mentor. Il y a donc une histoire véridique au départ. Celle-ci se déroule en Floride, décembre 2005, lorsqu’un pêcheur tombe sur un dauphin dont la queue était piégée par les cordages d’un panier à crabes. Blessé, ce bébé dauphin femelle s’est vu amputé de sa queue au péril de sa vie, et a bénéficié de la patience et de l’aide d’une poignée de soigneurs. C’est une queue prosthétique qui sauva la vie du dauphin, en plus de sa volonté personnelle. Un miracle donc. Pas étonnant que cette histoire pour le moins bluffante se retrouve un jour à être adaptée au cinéma.

 

Il semble alors presque évident que Winter le dauphin n’évitera pas les mièvreries et les bons sentiments de son histoire. Pourtant malgré ce gros point noir, récurrent au genre, le film de Charles Martin Smith (un petit habitué des animaux qui lui avait déjà sévi sur Buddy star des paniers en 1997) arrive à captiver, à proposer une émotion, le tout dans des belles valeurs qui obligatoirement touchent. L’histoire parle d’elle-même, ne serait-ce parce que le dauphin est un animal très aimé de l’homme, il aimante l’affection et l’attirance que l’on peut avoir pour lui, comme un chien aurait pu le faire (on se souvient de Marley et moi, où jouait déjà le petit Sawyer, Nathan Gamble). La relation que va entretenir ce gamin avec le dauphin est fusionnelle, sincère et nous parle sans trop de difficultés. Le défaut de l’écriture revient à rajouter un peu trop sur cette relation qui semble évidente, et qui ne nécessite pas de tomber dans la surenchère, comme cela tend à se faire dans la seconde partie du film. Ensuite, le rapport entre l’animal blessé, et l’homme handicapé, ou comment montrer avec habilité la douleur de la blessure, et comme survivre à cela. En effet, le cousin de Sawyer se blesse accidentellement suite à une explosion. Au-delà du plan-plan habituel, cette blessure est une illustration de la difficulté de se sentir handicapé. Le film rapproche ici avec évidence et facilité l’animal et l’hommage en les mettant sur un pied d’égalité.

 

Extrait du film L'incroyable histoire de Winter le dauphin (2011)
Extrait du film L'incroyable histoire de Winter le dauphin (2011)

 

L’incroyable histoire de Winter le dauphin est un film fait par des connaisseurs du milieu animalier sur grand écran. Ainsi le réalisateur avait déjà joué dans Un homme parmi les loups, avant de diriger enfants et animaux dans Buddy star du panier. Il lui semblait donc évident pour lui de réaliser l’histoire de Winter, ce bébé dauphin qui joue dans le film son propre rôle. Il a trouvé appui sur la scénariste Karen Janszen qui avait déjà travaillé sur Duma et Sauvez Willy 2, qui ne restent pas des références dans le genre. Question casting, les deux jeunes enfants sont encadrés par un casting de comédiens chevronnés comme Ashley Judd, Kris Kristofferson et surtout Morgan Freeman. Si aucun ne ressort du lot par une prestation notable, il ressort un ensemble homogène, à l’image du film dans lequel ils évoluent.

 

L’avis : Alors bien sûr, Winter le dauphin est avant tout un film familial, taillé en prime en 3D (allez savoir pourquoi). Mais derrière son aspect grand public, il y a une réflexion intéressante, un pointe d’intimisme qui ne peut que toucher le public, quel qu’il soit. On a surtout envie de retenir un message positif, plutôt que les bons sentiments et le pathos ambiant qui en ressort.

 

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