Action, Comédie, Critiques de films

Critique : Logan Lucky de Steven Soderbergh

Ocean’s Seven Eleven

Affiche de Logan Lucky

Deux frères pas très futés décident de monter le casse du siècle : empocher les recettes de la plus grosse course automobile de l’année. Pour réussir, ils ont besoin du meilleur braqueur de coffre-fort du pays : Joe Bang. Le problème, c’est qu’il est en prison…

Steven Soderbergh et le cinéma entretiennent une relation qui n’est pas toujours très claire. Je t’aime, moi non plus. J’arrête. Puis finalement je reviens. Puis j’arrête quand même. Mais peut-être vais-je revenir ? Bref, quoi qu’il en soit, Soderbergh est bel et bien de retour avec Logan Lucky, un film qui, forcément, est l’un des plus attendus de cette fin d’année. Soderbergh n’avait plus rien fait au cinéma depuis Ma Vie Avec Liberace qui, techniquement, était un téléfilm. Cette fois, il s’agit bien d’un long-métrage de fiction destiné à être projeté dans les salles de cinéma qui n’est pas sans rappeler certaines de ses œuvres précédentes.

Logan Lucky, c’est l’histoire de frères un peu bras cassés qui sont assez pauvres et vivent au fin fond des Etats-Unis. Des rednecks. Comme le titre ne l’indique pas du tout, ils sont plutôt malchanceux dans la vie, il y aurait même une malédiction qui plane sur la famille Logan. Mais un jour, ils décident d’améliorer leur vie. Pout ça, il faut de l’argent et donc braquer un endroit susceptible d’en rapporter beaucoup. Ce n’est déjà pas simple en soi mais quand en plus le braquage nécessite une évasion avant ça, les choses se compliquent fameusement.

La force du cinéma de Steven Soderbergh, ce sont avant tout les personnages. Ce n’est pas pour rien que le réalisateur de la trilogie Ocean’s met souvent en scène des films choraux. Sa formule c’est un petit peu de background mais il les épaissit grâce aux actions qu’ils font et aux dialogues. Logan Lucky n’y fait pas exception. C’est quelque chose qu’il maîtrise depuis longtemps et qu’il fait toujours aussi bien. Avec une histoire de braquage, ce n’est pas forcément facile d’étoffer ses personnages. Mais Soderbergh montre qu’il suffit parfois de peu de choses pour leur donner du corps et, par conséquent, faciliter le fait d’avoir de l’empathie pour eux.

 

Avec des personnages forts, n’importe quelle histoire peut fonctionner. Même les plus faibles. Logan Lucky n’a pas un scénario faible mais c’est clairement la faiblesse du film. Il reprend une formule qui a bien marché pour lui par le passé : celle de la trilogie d’Ocean’s justement. Le chapeau de cet article, « Ocean’s Seven Eleven » est une réplique tirée du film, donnant ainsi une dimension méta au film mais, cela montre surtout que Soderbergh est conscient de ce qu’il fait. Il sait que son histoire n’est pas la meilleure et qu’il a déjà fait des choses identiques auparavant. Cette réplique, c’est faire amende honorable auprès du public.

Logan Lucky n’apporte rien de neuf au genre mais c’est un excellent divertissement et c’est en tant que tel qu’il faut le prendre. Le résultat est tel grâce au travail d’écriture sur les scènes, leur structure et rythme, les dialogues et, comme déjà dit plus haut, les personnages. Tout est une question de balance. Celle entre le drame, l’action et la comédie, trois genres qu’il maitrise depuis de nombreuses années, est parfaite.

Mais le film ne serait pas le même sans les performances de ses comédiens. Channing Tatum n’est jamais aussi bon que quand il joue pour le natif d’Atlanta. Avec Adam Driver et Riley Keough, il forme une fratrie touchante mais aussi très drôle. Cependant, l’élément le plus comique, et certainement le plus surprenant, c’est le personnage incarné par Daniel Craig. On ne l’avait jamais vu comme ça. Il est souhaitable que cette prestation en amène d’autres du genre tant le résultat est jouissif. Bien que ce soient ces personnages qui tiennent le haut de l’affiche, il serait dommage de ne pas mentionner les présences de Katherine Waterston, Sebastian Stan, Seth MacFarlane, Katie Holmes, Hilary Swank, David Denman, Brian Gleeson ou encore Macon Blair. C’est un ensemble éclectique comme Soderbergh sait si bien les faire.

Au final, Logan Lucky, c’est un film de braquage assez classique dans son fond voire sa forme. Il n’est pas raté pour autant, loin de là. Il est très bien écrit et rythmé, très drôle et bénéficie des prestations d’excellents comédiens, Daniel Craig en tête. C’est un excellent divertissement qui s’annonce déjà comme l’un des films forts de cet automne. Il donne également envie de voir Steven Soderbergh revenir plus souvent au cinéma.