Biopic, Critiques de films

Critique : Marie Curie de Marie Noëlle

Une femme radioactive

Pierre et Marie Curie vivent en harmonie : travail, famille, ils partagent tout et tout semble leur réussir. Malheureusement, Pierre est tué dans un accident et Marie se retrouve alors toute seule. C’est dans le chagrin qu’elle va devoir se battre pour continuer les recherches sur le radium que la société n’est pas prête à laisser au bras d’une femme seule. Figure libre, devenue emblème d’un féminisme, ce film brosse un portrait sensible d’une femme

Plus qu’un simple biopic, Marie Noëlle, la réalisatrice, arrive à proposer un film qui peut parfois s’éloigner d’une trame narrative classique et proposer des plans se rapprochant plus de l’esprit et la psychologie du personnage. La fascination pour le radium est particulièrement bien représentée par de nombreuses images teintées de ce bleu froid et sublime, et omniprésent tout le long du film par la lumière de Michael Englert, directeur de la photographie, qui joue avec des teintes bleutés par des effets de reflets et de miroirs. La musique de Bruno Coulais va également dans ce sens en apportant des notes presque métalliques sur l’ensemble.

L’actrice principale, Karolina Gruszka, a particulièrement été bien castée. C’est une actrice polonaise qui n’a pas encore vraiment percée mais qui a su jouer à la perfection Marie Curie. Elle lui apporte une force tranquille tout en laissant parfois apparaitre des moments de faiblesses ou de relâchement. Sa voix calme et son regard intelligent concordent parfaitement avec le personnage.

En conclusion, Marie Noëlle réussi un biopic qui arrive à se défaire – plus ou moins – des travers du genre grâce à une image particulièrement sensible et sensée et à une actrice charismatique. Elle fait le portrait de cette figure de proue du féminisme sans pour autant oublier la femme qui est derrière. Un film plutôt réussi qui fut remarqué au TIFF et au Filmfest d’Hambourg.