Biopic, Critiques de films

Critique : Maudie d’Aisling Walsh

L’art pour vivre

L’histoire d’amour improbable entre une femme arthritique engagée par un pêcheur solitaire et renfermé pour faire son ménage. En réalité, Maudie se révèle une piètre ménagère; au lieu de nettoyer, elle passe son temps à recouvrir les murs de peintures vivaces et colorées. Basé sur l’histoire authentique de la peintre canadienne Maud Lewis décédée en 1970, restée pauvre toute sa vie et dont les œuvres sont aujourd’hui vendues aux enchères.

La mode est encore et toujours aux films adaptés d’histoires vraies. Les américains s’en sont d’ailleurs fait une spécialité, avec plus ou moins de réussite en fonction des cas. Présenté il y a un an à Toronto, Maudie est de ceux là. Il est question d’une femme estropiée, Maud Lewis, qui va devenir la femme de ménage d’un homme bougon et très machiste, Everett Lewis. Mais Maud va passer son temps à peindre plutôt que de faire les tâches ménagères pour lesquelles elle a été engagée. Jusqu’à ce que…

Maudie, c’est avant tout un parcours remarquable, étonnant, difficile. Jamais Everett n’a été le meilleur des hommes voire des maris envers celle qui deviendra son épouse. Maud a souffert et du batailler, longtemps chercher, avant de trouver sa place dans la société. Finalement, cette femme menue et frêle fera en sorte que, grâce à son art, ce soit la société qui vienne à elle. Maudie est également un plaidoyer pour la vie. Tout est possible pour tous, même quand la vie n’a pas gâté tout le monde. Le film dépeint le portrait de cette femme que rien n’a épargnée. Au départ, elle quitte sa tutrice, sa tante, pour s’émanciper, dans la mesure du possible puisque sa condition n’est pas optimale. Petit à petit, c’est auprès d’Everett qu’elle trouve une espèce de réconfort, ce qui est plutôt étrange vu le caractère de l’homme. C’est aussi ça Maudie. Le mariage, dans tous les sens du terme, entre des personnes qui n’ont pas grand chose en commun mais qui, ensemble, vont parvenir à trouver un équilibre et à se pousser l’un l’autre. L’objectif va évoluer au fur et à mesure mais, la motivation et le soutien restent intacts.

C’est Sally Hawkins qui donne ses traits à la peintre. Elle est saisissante. Le film tient véritablement sur ses épaules. Si sa prestation n’était pas à la hauteur, le résultat ne serait certainement pas le même. Elle est bien aidée par Ethan Hawke qui, bien qu’il ait un rôle important, se tient tout de même légèrement en retrait. Ce n’est pas sa meilleure interprétation mais, le comédien ayant un talent qui n’est plus à démontrer, il fait le job.

Malheureusement, et c’est désormais le cas pour toutes les histoires basées sur des histoires vraies et autres biopics, le film se cantonne à montrer la vie du personnage principal, rien de plus. Bien entendu, on trouve des messages et thématiques, telles que celles abordées plus haut mais, c’est évident que les films de ce genre ne se limitent plus qu’à narrer une histoire sans jamais aller plus loin, sans s’élever.

Maudie reste malgré tout une histoire sympathique à suivre avec d’attachants personnages. Les messages transmis sont très classiques, dommage que ça n’aille pas plus loin et que la metteuse en scène ne prenne pas plus de risques mais le travail est fait et c’est tout ce qui compte. Mention spéciale à Sally Hawkins pour sa prestation toute en subtilité.