Action, Critiques de films

Critique : Mission Impossible – Protocole Fantôme, de Brad Bird

La saga Mission : Impossible reprend du service avec Tom Cruise dans le rôle de la saga, le tout piloté par un novice en matière de prise de vue réelle, le réalisateur Brad Bird. Pourtant qu’elle fut agréable la surprise en sortant de la salle…

Affiche de Mission Impossible: Protocole Fantôme de Brad Bird

Impliquée dans l’attentat terroriste du Kremlin, l’agence Mission Impossible (IMF) est totalement discréditée. Tandis que le président lance l’opération « Protocole Fantôme », Ethan Hunt, privé de ressources et de renfort, doit trouver le moyen de blanchir l’agence et de déjouer toute nouvelle tentative d’attentat. Mais pour compliquer encore la situation, l’agent doit s’engager dans cette mission avec une équipe de fugitifs d’IMF dont il n’a pas bien cerné les motivations…

Après deux derniers épisodes en demi-teinte, notamment le second réalisé par John Woo, Mission : Impossible reprend du service. La saga est rentré dans la légende depuis bien longtemps, que ce soit grâce à son sens de l’action intrépide, frappant plus fort qu’un James Bond, ou grâce à son thème musical fameux, ou bien parce que son héro, Ethan Hunt (Tom Cruise) est devenu tout aussi légendaire. Pour ce quatrième opus, c’est Brad Bird qui s’y colle. Le but est d’imposer un nouveau style à chaque mission impossible. Il y a eu les points de vue chez De Palma, et jusqu’ici, ni Woo, ni Abrams n’avaient réussi à s’en approcher. Brad Bird a-t-il réussi avec un beau budget de 140 millions de dollars, à nous séduire ? La mission est-elle véritablement impossible ?

Plus que jamais, les enjeux sont extrêmement importants dans cette quatrième mission, celle du Protocole Fantôme. Ethan Hunt est de nouveau opérationnel, mais en coulisses, il se trame un terrible complot sur fond de nouvelle guerre mondiale, cette fois-ci nucléaire. Sauf qu’accuser de l’attentat de la Place Rouge, l’agence est discréditée et démantelé. Hunt n’est plus seul, et surtout pour la première fois de la saga se retrouve avec des coéquipiers qu’il ne connait pas ou mal. Outre l’histoire de complot à dormir debout qui tombe parfois dans le surfait, le scénario séduit par d’autres enjeux, beaucoup intimistes. Les personnages ont quelques atouts en guise de faire-valoir, Ethan Hunt son passé, Jane Carter (Paula Patton) une vengeance, Benji Dunn (une inexpérience du terrain) et enfin un nouveau venu, William Brandt (mystérieusement très habile pour un simple analyste de bureau). Le point fort de Mission : Impossible n’est donc pas ce sujet récurrent, souvent très propre aux américains qui adorent montrer leur supériorité à toutes les échelles. Il s’agit plutôt de voir comment le film se sert de son histoire pour nous offrir plus de 2 heures d’action et de cascades hallucinantes, le tout dans un habillage physique réussi.

Extrait de Mission Impossible

L’une des scènes fortes du film –Ethan Hunt qui escalade quelques étages de la Burj Khalifa- se déroule à Dubaï, une première pour un film à grand échelle. Mission : Impossible voyage et profite de ces décors pour en tirer le meilleur. Dubaï étant une ville nouvelle en plein milieu du désert, et en prime, très géométrique, Brad Bird (réalisateur), J.J. Abrams et Bryan Burk (producteurs). Et le film va loin dans ses décors pour nous faire profiter de l’action : un fight à mains nues dans un garage automatisée, des explosions à toutes les sauces, des courses-poursuites dans une tempête de sable et on en passe encore. Tom Cruise, également producteur de la saga, s’est offert l’ensemble des cascades, une partie répétition –et ajouts numériques- en studio, et une autre en version réelle, comme pour la séquence vertigineuse de la Burj Khalifa. On a compris que le but était de nous en mettre plein les mirettes. Il faut bien avouer que c’est réussi, avec quelques effets numériques plutôt sympathiques. Il y avait pourtant un risque : celle de confier la réalisation d’un grand film d’action à un spécialiste de l’animation. Brad Bird est un réalisateur reconnu, oscarisé à deux reprises pour Les Indestructibles et Ratatouille. Il s’agit de son premier film en prise de vue réelle (son collègue Andrew Stanton en fait de même avec son film à grand budget John Carter). En imposant un style libéré et esthétique, il met Mission : Impossible 4 en roue libre, le laisse respirer, joue des espaces en contradictions (scènes de la prison face à celle de la Tour), et le réalisateur en profite pour tirer le meilleur des scènes d’action, sans nous ennuyer une seule minute. Marchant sur les pas du premier opus, Sabine Moreau (la superbe Léa Seydoux) marche sur les pas des Jean Reno, Emmanuelle Béart, et par extension Kristin Scott Thomas. Bien que son rôle soit plus secondaire, elle séduit autant que Laura Patton, avec qui elle livre un combat plutôt sympathique. Simon Pegg, dans le rôle du génie informatique, amène un peu d’humour, ce qui manquait assez à une saga qui avait du mal à faire dans le second degré. Enfin, Jeremy Renner, bien que pas franchement convaincant, amène avec son personnage une part de mystère bienvenue, et presque plus intrigante que cette histoire de guerre de nucléaire ressuscitant la Guerre Froide. Il nous reste enfin un Tom Cruise –qu’on disait dépassé- toujours aussi séduisant, qui se la raconte plus que jamais avec ses positions droites, mais qui nous fascine toujours autant, et c’est peut-être là son plus grand talent.

Extrait de Mission Impossible

Deux heures d’action, une montagne de cascades ahurissantes, ce Protocole Fantôme a rempli sa mission sans réelle bavure. Mieux il a été presque plus convaincant que ses prédécesseurs. Les moyens ont été mis pour ce blockbuster, qui était dans l’obligation de nous tenir en haleine, histoire d’avoir au mois un vrai film d’action à se mettre sous la dent dans cette année 2011. Mission : Impossible 4 s’impose comme une sorte de récital, un best-of des films d’action, du scénario classique à la cascade vertigineuse, sans oublier les clins d’œil aux gadgets.