Comédie, Critiques de films

Critique : Momo de Sébastien Thiery & Vincent Lobelle

Christian Clavier Cinematic Universe

Un soir, en rentrant chez eux, Monsieur et Madame Prioux découvrent avec stupéfaction qu’un certain Patrick s’est installé chez eux. Cet étrange garçon est revenu chez ses parents pour leur présenter sa femme. Les Prioux, qui n’ont jamais eu d’enfant, tombent des nues… D’autant que tout semble prouver que Patrick est bien leur fils. Patrick est-il un mythomane ? Un manipulateur ? Les Prioux ont-ils oublié qu’ils avaient un enfant ? Madame Prioux, qui souffre de ne pas être mère, s’invente-t-elle un fils ?

Cela fait un moment que Christian Clavier semble s’être enfermé dans les comédies un peu borderline voire racistes. La comédie a toujours été son truc mais, depuis plusieurs années maintenant, il ne fait plus que ça. Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu passait encore mais, A bras ouverts franchissait une ligne rouge. Qu’allait-il en être de Momo ? Il reste à la limite sans la franchir mais, il n’en est pas loin.

Momo, c’est d’abord une pièce de Sébastien Thierry, dont un membre de la famille est sourd. Muriel Robin et François Berléand avaient les rôles qu’ont ici Catherine Frot et Christian Clavier tandis que Sébastien Thiery prend le rôle de Patrick, le fils sourd, mais aussi le rôle de réalisateur, bien qu’il ne soit pas seul puisque Vincent Lobelle est son co-réalisateur mais qui, pour une fois, n’est pas le chef opérateur du film.

Le réalisateur parlant d’un sujet qu’il connaît bien, celui de la surdité, il est évident que son intention n’est pas mauvaise. Après tout, pourquoi pas ? Faire une comédie basée sur un problème de communication car, avant d’être un film sur le handicap, c’est avant tout un film sur la communication et ses problèmes, est plutôt une bonne idée. Pas neuve, certes mais, une bonne idée quand même. Le film ne rit pas tant que ça du handicap en tant que tel, il rit plutôt de circonstances. C’est de là que vient l’humour. Ainsi que des dialogues. Il faut bien reconnaître qu’il y a quelques excellentes répliques qui claquent bien.

L’histoire en tant que telle est évidemment exagérée et complètement improbable. Niveau crédibilité, il y a déjà eu mieux. Mais ce n’est pas pour cela que l’on va voir ce type de film, ni pour être ému. Si on rit, c’est bon et, c’est plusieurs fois le cas pendant le film.

Le duo formé par Catherine Frot et Christian Clavier est bon. L’une fait une bourgeoise relativement calme tandis que l’autre endosse son rôle habituel, le bourgeois hystérique. Frot fait du Frot et Clavier fait du Clavier, rien de neuf mais la combinaison des deux est efficace. Quant à Sébastien Thiery, il est bon et n’en fait pas trop.

Momo n’est pas la catastrophe qu’on aurait pu craindre. C’est une comédie qui bénéficie de quelques répliques très efficaces et qui amènent le rire. L’humour est parfois limite, comme souvent avec Clavier, une nouvelle fois au bord de la crise de nerf, mais il ne franchit pas la ligne rouge. Le trio de comédiens fonctionne relativement bien. Bref, c’est une comédie gentillette qui ne fera pas date et sera vite oubliée mais, au moins, Sébastien Thiery a réussi à éviter le désastre absolu.