Critiques de films, Drame

Critique : Mon Garçon de Christian Carion

A la recherche du scénario perdu

Passionné par son métier, Julien voyage énormément à l’étranger. Ce manque de présence a fait exploser son couple quelques années auparavant. Lors d’une escale en France, il découvre sur son répondeur un message de son ex femme en larmes : leur petit garçon de sept ans a disparu lors d’un bivouac en montagne avec sa classe. Julien se précipite à sa recherche et rien ne pourra l’arrêter.

Christian Carion et Guillaume Canet se connaissent bien puisqu’ils ont déjà tourné à deux reprises ensemble. Quand Carion a proposé à Canet de tourner dans un film duquel il ne saurait rien ou presque, Canet n’a pas hésité longtemps. L’histoire, c’est celle de la disparition d’un petit garçon dont les parents sont séparés. Le père, à l’étranger, rapplique immédiatement. Mais, la police n’étant pas assez efficace à ses yeux, il va prendre les choses en main.

Il n’y a rien d’original là-dedans. Il fallait donc que le contenu du scénario soit suffisamment étoffé afin de rendre tout cela intéressant voire mieux, passionnant. Mais c’est malheureusement loin d’être le cas. Au début, ça parle, ça parle. C’est interminable. Ce n’est qu’une succession de dialogues explicatifs tous plus barbants les uns que les autres. Mon Garçon comporte toutefois une qualité honorable. Christian Carion n’a pas voulu trop en faire en terme de rebondissements, une arme à double tranchant. D’une part, pour cette raison, l’histoire est plutôt réaliste. Mais, d’autre part, cela la rend aussi bien trop simpliste et édulcorée. Il ne se passe rien et, on sent qu’il a été pénible d’arriver à l’heure trente de métrage. Le remplissage est visible. On compte d’innombrables plans sur des paysages ou des véhicules en mouvement. Ils ont parfois une signification, font sens mais, pour la plupart, c’est évident qu’ils ne sont là que pour atteindre une durée de film tolérable pour un long-métrage.

Forcément, cette enquête est cousue de fil blanc, les indices étant d’une évidence limpide. Les spectateurs se satisferont probablement d’avoir trouvé le peu d’éléments importants à la résolution de l’enquête mais, c’est tellement évident que cette éventuelle satisfaction ne durera pas. Si cela ne suffisait pas, le scénario comporte des cliches éculés au possible. Quand on voit certains événements arriver de loin on se dit que ce n’est pas possible d’avoir été dans cette direction. Mais si. Ils l’ont fait.

Heureusement, Carion peut compter sur un excellent casting, Guillaume Canet en tête. Cela se sent que le fait qu’il n’ait rien su de l’histoire l’a aidé. Il est habité dans ce rôle de père, a une énergie folle. Mélanie Laurent et Olivier De Benoist sont aussi corrects mais font presque de la figuration face à Canet qui porte tout le film.

Mon Garçon, c’est une bonne idée de départ qui ne tient pas la longueur ni ses promesses. L’ennui fait rapidement face et, le sentiment final est de ce dire que ce téléfilm aurait plus eu sa place à 21 sur France Télévision que sur les grands écrans. Reste la prestation de Guillaume Canet mais, est-ce suffisant pour justifier l’achat d’une place ? Non.