Animation, Critiques de films, Etrange 2017

Critique : Mutafukaz de Shoujirou Nishimi et Guillaume Renard

L’animation pour adulte

À la suite d’un accident de scooter provoqué par la vision d’une mystérieuse inconnue, Angelino, un bon à rien comme il y en a des milliers à Dark Meat City, une sordide mégapole de la côte Ouest, commence à avoir de violentes migraines accompagnées d’étranges hallucinations. Avec son fidèle ami Vinz, il tente de découvrir ce qui lui arrive, alors que de menaçants hommes en noir semblent bien déterminés à lui mettre la main dessus…

Attention : Cette critique a été faite sans avoir lu la BD avant et après le film. Elle ne juge donc que le film en lui même sans rien connaître de l’adaptation de base.

Avant même sa sortie, le film Mutafukaz bénéficie d’une hype assez rare pour ce genre de production. Quand on voit la réaction du public et des fans lors des projections dans les festivals avec des séances complètes et survitaminés, cela peut surprendre surtout si l’on ne connaît pas du tout la BD. Alors Mutafukaz c’est quoi? Il s’agit d’une adaptation de bande dessinée française d’Ankama qui connaît un grand succès critique et publique. Voici donc venir logiquement le film. Un film qui pourrait surprendre les non connaisseurs étant donné que nous sommes clairement dans un long-métrage d’animation exclusivement réservé aux adultes! Il ne faut donc pas emmenez vos enfants le voir!

On suit Angelino dans son aventure. Il s’agit d’un jeune paumé qui a du mal a payé son logement misérable avec le salaire minable qu’il a en tant que livreur. Lors d’un accident de scooter suite à la rencontre avec une jeune demoiselle, il va être pris de visions et être poursuivi par une mystérieuse organisation…

Le ton du film est très vite donné. Dans sa première heure, on assiste à une découverte de l’univers assez dynamique en nous présentant la situation, le lieu et les personnages, histoire de nous familiarisés avec ce monde peu commun. Sur ce côté la, le pari est réussi et si le doublage peut surprendre par un ton plutôt lent et donc  l’opposé du film, on est entraîné instantanément dedans.

Malheureusement le film n’arrive pas à tenir le fil jusqu’au bout et après une très grosse scène d’actions réussi, il nous perd définitivement dans des péripéties bavarde et incompréhensible. Il devient alors très difficile de suivre et de comprendre le bout de l’histoire surtout vu la qualité des dialogues qui enchaînent les vulgarités et un humour qui peut laisser de marbre le spectateur lambda.

De même, les personnages secondaires ont du mal à être attachant et si l’on ne connaît pas le matériel d’origine difficile de ne pas vouloir quitter la salle tant l’univers devient complexe et tant le scénario en rajoute des tonnes tout le temps. Mutafukaz possède son univers bien a lui et si on y adhère pas, on peut s’y perdre et ne jamais y revenir et ce pendant le milieu du film.

Mutafukaz est un film d’animation spécial. Destiné en grande partie aux fans de la BD, il laissera probablement de marbre les non afficionados. Possédant son style et son univers, on regrette un doublage lent a des personnages un peu trop dynamique. Si visuellement le film tient la route, le scénario est quant à lui un poil complexe. Enfin, il s’agit la d’un film pour adulte contenant de nombreuses scènes de violences et de vulgarités. Détromper vous donc en voyant le personnage attachant d’Angelino!