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Critique : Ocean’s 8 de Gary Ross

Dans l’ombre de Danny

Cinq ans, huit mois, 12 jours… et le compteur tourne toujours ! C’est le temps qu’il aura fallu à Debbie Ocean pour échafauder le plus gros braquage de sa vie. Elle sait désormais ce qu’il lui faut : recruter une équipe de choc. À commencer par son « associée » Lou Miller. Ensemble, elles engagent une petite bande d’expertes : Amita, la bijoutière, Constance, l’arnaqueuse, Tammy, la receleuse, Nine Ball, la hackeuse et Rose, la styliste de mode. Le butin convoité est une rivière de diamants d’une valeur de 150 millions de dollars. Le somptueux bijou sera autour du cou de la célèbre star Daphne Kluger qui devrait être l’objet de toutes les attentions au cours du Met Gala, l’événement de l’année. C’est donc un plan en béton armé. À condition que tout s’enchaîne sans la moindre erreur de parcours. Enfin, si les filles comptent repartir de la soirée avec les diamants sans être inquiétées…

Suite spin-off de la trilogie originale de Steven Soderbergh qui s’est achevé il y a dix ans, Ocean’s 8 fait donc désormais parti de ces suites de franchises qui changent de casting et surfe sur la vague du succès d’antan d’une franchise. Fait désormais courant à Hollywood qui manque cruellement d’inventivité, cet opus ne déroge pas à la règle et ne crée aucune surprise. Cousu de fil blanc, Ocean’s 8 reste cependant un  film divertissant proprement fait.

Exit Danny Ocean et place désormais à Debbie Ocean, sa petite soeur. Comme son frère, elle possède les mêmes gênes de vol et de braquage. Et c’est exactement de la même manière qu’Oean’s Eleven que sera formaté le film. Sortir de prison, retrouver son partenaire, chercher des acolytes, faire un braquage. Mais cette fois, exit les casino et places aux bijoux. Car oui c’est des femmes alors il faut que ce soit autres choses.

Si le reboot de Ghostbuters de Paul Feig avait eu la bonne idée de se moquer des stéréotypes, le Ocean’s 8 de Gary Ross fait exactement l’inverse. Maquillages, diamants, belles robes. Tout est accentué pour bien montrer que nous sommes dans une version féminine. Un peu dommage d’autant plus que les personnages manquent cruellement de développement et qu’il devient alors difficile de se soucier d’eux.

Ces personnages ne sont d’ailleurs que des simples copiés collés des versions masculines. Pas très difficile de voir en Cate Blanchett, le même personnage que celui de Brad Pitt par exemple. Malgré tout, le casting semble s’amuser et cela se ressent très souvent notamment grâce au personnage d’Anne Hathaway, toujours excellente. Son duo avec Helena Bonham Carter est d’ailleurs le véritable moteur du film et cela fonctionne à merveille.

En terme de mise en scène, Gary Ross nous endort hormis lors du climax du film, monté de manière subtil et péchu. Car le véritable souci du film n’est pas son capital sympathie ni le fait qu’il rempli proprement son cahier des charges de produit bien foutu mais bel et bien son manque d’intérêt. Le tout en le faisant vivre dans l’ombre de sa version originale Pas bien grave certes, mais ceux qui auront un minimum d’exigence ne pourront être que déçu.

Il n’y avait rien à attendre ce spin-off de la trilogie Ocean’s. C’est donc tout bonnement qu’il ne délivre aucune surprise et ne nous offre qu’un produit de studio bien fait mais totalement oubliable. Se regardant facilement, il en devient un petit plaisir coupable grâce à un casting attachant mais aux personnages un peu trop fade. Ocean’s 8 est un divertissement plus que correct mais ne réussit pas le casse de l’année.