Comédie, Critiques de films

Critique : Oh My God! de Tanya Wexler

Tanya Wexler plonge dans l’Angleterre pour signer une chronique de mœurs qui trouve un écho à l’heure actuelle, doublé d’un film au propos féministe.

 

Oh My God, de Tanya Wexler affiche
Oh My God, de Tanya Wexler affiche

Dans l’Angleterre Victorienne, Mortimer Granville, jeune et séduisant médecin entre au service du Dr. Dalrymple, spécialiste de l’hystérie féminine. Le traitement préconisé est simple mais d’une redoutable efficacité : donner du plaisir pour soulager les troubles ! Le docteur Mortimer y met toute sa ferveur mais bientôt une vilaine crampe à la main l’empêche de pratiquer… Avec la complicité de son meilleur ami, un passionné de nouvelles technologies, il met au point un objet révolutionnaire : le premier vibromasseur…

L’affiche de Oh My God ! laisse entendre un propos mensonger, ou presque. Elle nous présente, Hugh Dancy, flanqué d’un gode à la main, avachi sur une Maggie Gyllenhaal qui rit aux éclats, le tout dominé par le titre du film tout droit sorti d’une bulle de BD. On traduit : une comédie (délirante), avec des beaux acteurs qui ne se prennent pas (forcément) au sérieux, dans un film de costume. Bizarrement, il n’y qu’en façade que Oh My God! respecte son propos. Car l’humour, point il n’y en aura. Des acteurs qui ne prennent pas au sérieux, même constat. Costumes en revanche, on admire avec toujours avec délectation.

Oh My God ! se veut être une comédie de mœurs dans une Angleterre victorienne qui commence sa transition culturelle et industrielle. Le gode représente un grand changement. Au départ, un objet qui permettait, selon les médecins pratiquants, de soigner des formes de folies et d’hystéries, sous forme de massage interne. Aujourd’hui, un objet de plaisir qui nous en dit plus sur la condition féminine. Sauf que l’objet ne sert que de prétexte à un vaudeville léger et pauvre, à une bienséance trop soft. Le propos féministe est trop criard et facile –ce qui n’enlève pas la vérité qui en sort. En parallèle, le film égrène une romance prévisible dès le départ, et sans relief. L’interprétation du duo Hugh Dancy-Maggie Gyllenhaal reste convaincante, mais elle ne fait pas oublier le reste. Tanya Wexler a préféré la « comédie » pour parler de l’hystérie féminine, on reste plus que sur sa faim. David Cronenberg optera la semaine pour une version plus bavarde et rigoureuse avec A Dangerous Method. Je vous laisse le soin de faire les bons choix…

 

Oh My God, de Tanya Wexler
Oh My God, de Tanya Wexler

La réalisatrice déclarait à propos de son film : « C’est beaucoup plus subversif de faire un film sur le vibromasseur qu’un porno sur internet ! ». On se demande lequel préférer tiens…

L’avis : Une comédie loin d’être aussi satisfaisante sur son postulat de départ, qui se transforme en déclaration féministe. Elle reste physiquement sympathique, sans embellir son beau sujet de base.