Aventure, Critiques de films, Science-fiction

Critique : Pirates des Caraïbes La vengeance de Salazar de Joachim Rønning et Espen Sandberg

La vengeance de Jack Sparrow

Jack Sparrow et ses compagnons se lancent dans la quête du Trident de Poséidon, sur lequel le Capitaine Teague détient des informations précieuses. Cet artefact légendaire, qui donne tous les pouvoirs sur les océans, est leur seul moyen d’échapper aux fantômes du redoutable Capitaine Salazar, échappés du Triangle des Bermudes pour éliminer tous les pirates des océans.

Devenue l’une des plus grandes sagas hollywoodiennes du 21ème siècle, de par son inventivité, son humour, sa musique ou ses acteurs, Pirates des Caraïbes revient avec un cinquième opus.
Après les morts vivants, les krakens et les poulpes, Barbe-Noire et des sirènes, place aux requins zombies et à un Javier Bardem – comme toujours – glaçant et terrifiant.

Pour la saga, l’enjeu est grand. Malgré les évidentes qualités de La fontaine de Jouvence, et son succès économique (le plus gros succès de la franchise), le 4ème Pirates des Caraïbes avait été une décéption pour bien des fans, peut être car l’intrigue ne tournait plus autour des personnages des 3 premiers épisodes. Il s’agit ici donc non seulement de livrer une suite dans la lignée des précédents, mais aussi de raccrocher les wagons et de faire oublier le précédent. C’est ainsi que malgré d’innombrables références originelles, le quatrième opus semble oublié.

Mais avant tout, la grande force de cette Revanche de Salazar c’est sa capacité à être tout autant extrêmement intelligent que très divertissant. L’humour fait mouche, le sous-texte accessible à (presque) toute personne et la mise en scène inspirée et inspirante. Le jeu des couleurs tend à apporter une diversité au film et une forte dualité entre le bleu de l’océan et le jaune/vert de la terre et des îles. La photographie soignée marque par une caméra tout le temps en mouvement et très fluide. Il y a un véritable jeu avec l’eau et tout ce qui est liquide, et on sent que lmachin et machin (real) souhaitent exploiter jusqu’au bout l’élément. Seule ombre à ce glorieux tableau, la musique peu inventive. Hans Zimmer a quitté le navire, laissant donc

Cependant, ce qui marque dans Pirates des Caraïbes : la vengeance de Salazar, c’est la construction de son récit. En ça, le film est un digne représentant de l’état d’Hollywood actuel. On retrouve dans cet opus les mêmes motifs et messages que dans Star Wars : Le réveil de la force, Creed : L’héritage, Logan … À savoir le poid de l’héritage, le passage de flambeau, la nouvelle génération (celle du spectateur) qui a grandie en découvrant les exploits de la génération précédente et qui doit, maintenant, prendre le relai, devenir les héros qu’ils admiraient enfant. Dans son scénario – et sans trop en dire, même si la bande annonce en dévoile déjà beaucoup – Pirates des Caraïbes 5 partage le même schéma que Star Wars VII : cette nouvelle génération doit partir à la recherche des héros du passés pour sauver le monde, mais se rendent finalement compte que c’est à eux désormais d’être les héros. L’idée est bien évidemment d’identifier le spectateur à ces nouveaux héros, qui a comme eux grandi avec Jack Sparrow, Will Turner, Elizabeth Swann. Plus généralement, le message est de dire que c’est à nous de jouer maintenant.

Bien évidemment, il y aussi le thème de la nostalgie qui joue ici, thème cher à l’Hollywood actuel qui passe son temps à faire des remakes, reboot, suite, prequel, sequel, spin-off à ces hits passés.

Toute voile dehors, Pirates des Caraïbes : La vengeance de Salazar est une digne et glorieuse suite à la trilogie originelle. Divertissant, mais pas pour autant stupide, ce 5ème opus s’inscrit dans cette nouvelle tendance hollywoodienne à plonger dans la nostalgie. Réussi !